La Cour des comptes, organisme chargé de s’assurer du bon emploi de l’argent public, a rendu début septembre un rapport d’évaluation de la politique publique de vaccination depuis 2018.
Vases communicants
Selon les magistrats financiers, l’élargissement du nombre de lieux de vaccination et des profils des professionnels pouvant vacciner a permis de multiplier par trois le nombre théorique d’effecteurs en quelques années. Cependant, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes : la croissance de l’activité des officinaux (réalisant deux vaccinations sur trois) s’est accompagnée d’un retrait, en valeur absolue et en proportion, de l’immunisation par les autres professionnels de santé – d’une vaccination sur deux en 2019-2020 à moins de une sur quatre pour les médecins et de une sur cinq à une sur dix pour les infirmiers. Au cours de la conférence de presse de présentation de ces travaux, Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, a qualifié de « véritable succès » l’implication des pharmaciens.
Alimentation du DMP
Évoquant ce sujet lors de son Live hebdomadaire, Fabrice Camaioni, président par intérim de la FSPF, s’est félicité de la teneur globale du rapport et de la reconnaissance qu’il apporte au travail réalisé par les officinaux, à la fois pour leur contribution à l’amélioration de la couverture vaccinale des Français, mais aussi pour la traçabilité des actes d’immunisation, élément essentiel de pilotage de santé publique. En effet, en octobre 2025, seuls 11 % des dossiers médicaux partagés (DMP) activés, consultables dans « Mon espace santé », comportaient une note de vaccination et celle-ci avait été majoritairement renseignée par les pharmaciens.
Rosp sur la sellette
Pour Fabrice Camaioni, il « est très important de poursuivre les efforts, notamment en veillant à qualifier les identités nationales de santé (INS) des patients et en alimentant les DMP ». D’autant que le seuil fixé, dans la convention, à 25 % de vaccins prescrits et administrés par les pharmaciens en 2026, conditionne le déclenchement d’une rémunération supplémentaire de 3 euros TTC par acte : « Nous plafonnons actuellement à un peu moins de 25 %, [donc] il faut poursuivre l’aller vers, continuer à évoquer avec chaque patient l’importance de la vaccination. »
