N°1382
Juillet-Août 2026

Les travaux peuvent enfin commencer !

Après deux mois d’attente, la lettre de cadrage de la ministre de la Santé au directeur de la Cnam a été transmise à la FSPF le 9 septembre dernier. Celle-ci salue les pistes de travail évoquées, mais s’oppose au calendrier qui prévoit un démarrage trop tardif des négociations.

© Adobestock_Thejokercze
par Mélanie Mazière
Le 11 September 2026

« Enfin ! Cela faisait quand même deux mois qu’on l’attendait », s’exclame le président par intérim de la FSPF, Fabrice Camaioni, lors de son Live hebdomadaire. De fait, une semaine plus tôt, le syndicaliste regrettait que la lettre de cadrage ministérielle ne soit pas arrivée en juillet, comme attendue, ce qui aurait permis de plancher sur le futur avenant conventionnel tout au long de l’été. Il salue néanmoins son contenu, qui détaille les deux chantiers à venir et qui est « globalement conforme à nos attentes ».

Trois nouvelles missions

Le premier s’attelle à un troisième avenant conventionnel dont l’objet est « de renforcer et consolider l’engagement des pharmaciens dans les différentes missions de santé publique exercées (entretiens pharmaceutiques et d’accompagnement, actions de dépistage, et vaccination) », écrit la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Il doit ainsi consacrer trois nouvelles missions officinales.
Il s’agit en premier lieu de l’accompagnement des patients atteints d’un diabète de type 2. « Nous y avons travaillé avec la Cnam dans le cadre des réunions de la Commission paritaire nationale des programmes d’accompagnement (CPNPA) au cours des dix-huit derniers mois. Tout est globalement prêt, il ne manque plus que le retour de la Haute Autorité de santé (HAS) », souligne Fabrice Camaioni. La HAS doit en effet valider scientifiquement le contenu de ces futurs entretiens pharmaceutiques et établir les critères d’éligibilité des patients concernés.
Cet avenant doit également « transposer dans le droit commun le dispositif Osys, qui a été expérimenté durant plusieurs années et qui a démontré l’intérêt de l’implication du pharmacien », rappelle la FSPF. En outre, la lettre de cadrage inclut « le développement et l’amélioration de la prévention, ainsi que le repérage précoce des facteurs de risque cardiovasculaire », en particulier la mesure de la tension artérielle. « C’est une nouveauté qui s’appuie sur la loi dite « Neuder », adoptée en juillet dernier, qui prévoie toute une série de dispositifs pour lutter contre les maladies cardio-neuro-vasculaires », relève Fabrice Camaioni.

Réforme de la rémunération

Le second chantier n’est autre que la réforme du modèle économique de l’officine. La ministre exhorte les partenaires conventionnels à engager les « travaux préparatoires » et à « tirer les enseignements des analyses conduites par l’Igas et l’IGF en 2026 ». Stéphanie Rist insiste notamment sur le fait que la réforme devra intégrer « une logique de préservation du maillage territorial, de valorisation de l’intervention pharmaceutique, de moindre dépendance aux volumes de boîtes délivrées et aux prix des médicaments, et de poursuite du renforcement des missions de santé publique des pharmaciens d’officine ». Pour Fabrice Camaioni, qui rappelle que, là encore, le rapport de la mission Igas-IGF a tardé à être rendu public, il s’agit d’un « travail monumental » qui nécessite du temps et de la concertation, et qui doit commencer le plus rapidement possible. « La FSPF ne veut pas d’un pansement nouveau ouplus grand, parce qu’il finira de toute façon par se décoller. Pour pouvoir se projeter dans les années à venir, il nous faut un modèle solide et revalorisable facilement », poursuit-il.
Celui qui est candidat à l’élection prochaine du président de la FSPF se réjouit, par ailleurs, que la ministre cite expressément les interventions pharmaceutiques, pour lesquelles le syndicat réclame une valorisation depuis fort longtemps. « Grâce aux travaux de sociétés savantes comme la Société française de pharmacie clinique (SFPC), nous ne partons pas d’une feuille blanche, ce qui devrait nous permettre d’avancer vite sur ce sujet. »

Calendrier à revoir

En revanche, la FSPF affiche un net désaccord quant à la date de lancement des négociations. En effet, bien que la ministre demande à la Cnam de parvenir à « la conclusion rapide d’un nouvel avenant », elle fixe le début des discussions « dès lors que l’enquête de représentativité sera terminée ». Or, celle-ci, lancée au début de l’été (Journal officiel du 26 juin 2026) pour une remise de l’intégralité des pièces justificatives par les syndicats le 23 juillet dernier, pourrait encore durer plusieurs mois avant d’aboutir à un arrêté ministériel en fin d’année. Syndicat majoritaire présent sur l’ensemble du territoire, la FSPF n’a aucune inquiétude quant au résultat de cette enquête, mais elle refuse de reporter de plusieurs mois les négociations. « Nous demandons au directeur général de la Cnam de nous fournir très rapidement un calendrier afin que l’on se mette tout de suite au travail », conclut Fabrice Camaioni.

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