N°1383
Septembre-Octobre 2026

Clause de revoyure : une activation indispensable

À l’occasion du lancement des travaux préparatoires à la réforme de la rémunération, la FSPF a demandé à la Cnam le déclenchement de la clause de revoyure tant la baisse de prix des génériques a impacté les revenus du réseau depuis le début de l’année 2026.

© Adobestock_ภาคภูมิ ปัจจังคะตา
par Alexandra Chopard
Le 16 October 2026

Responsable d’une perte de 80 millions d’euros de marge pour le réseau, selon les données de la FSPF, la baisse de prix des génériques début 2026 aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Elle a conduit le syndicat, qui rencontrait la Cnam le mardi 13 octobre pour le lancement des travaux préparatoires à la réforme de la rémunération, à demander, en préambule de ces négociations, l’activation de la clause de revoyure. Pour le président de la Fédération, évoquant le sujet de la structure de l’économie de l’officine lors de son Live hebdomadaire, « si l’on veut construire quelque chose d’ambitieux et de pérenne, il faut des fondations solides ». Fabrice Camaioni fait de l’activation de cette clause « une condition » préalable à l’avancée des discussions.

Un dispositif de garantie

Historiquement, la Cnam et ses partenaires ont convenu de l’inscription dans l’avenant n° 1 à la convention d’un dispositif de garantie en cas de non-conformité des revenus du réseau vis-à-vis des projections. Avec la signature de l’avenant économique, le 10 juin dernier, l’Assurance maladie s’est engagée à ce que la rémunération du réseau augmente de plus de 1 milliard d’euros d’ici à 2027 comparé à 2019. Or, comme Philippe Besset l’évoquait déjà en juin et comme les travaux de la commission Économie de la Fédération l’ont démontré tout récemment, les mesures sur le terrain diffèrent des résultats attendus. « Nous nous sommes déjà écartés de 60 à 65 millions d’euros de la trajectoire, et cela pourrait monter à 150 millions en 2027 », évalue Fabrice Camaioni, qualifiant cet écart de « significatif ».

Des données à ajuster

S’exprimant au sortir de la réunion avec la Cnam, Julien Chauvin, président de la commission Études et Stratégie économiques de la FSPF, a indiqué que l’Assurance maladie « ne s’oppose pas au principe d’activation de la clause », même si la Cnam indique que ses chiffres diffèrent de ceux du syndicat. Ses représentants ont cependant « promis de revenir sur le sujet avec des données affinées ».

Décorrélation

Les représentants de la FSPF participant à cette réunion avec la Cnam ont également profité de l’occasion pour présenter les pistes de réflexion élaborées cet été par le groupe de travail sur l’économie de l’officine. Des hypothèses qui ne sont pas encore chiffrées, mais qui traduisent la volonté de décorréler la rémunération du nombre de boîtes pour lui préférer une valorisation de l’acte et l’application d’honoraires. Selon Julien Chauvin, « la Cnam n’est pas fermée à cette piste ». Et de préciser immédiatement que le syndicat ne l’envisage qu’à la condition qu’il n’y ait « pas de perdants dans cette modulation de rémunération ».

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