Dans mon éditorial de février dernier, je vous signifiais notre impatience à prendre connaissance de la teneur du rapport de la mission diligentée par Matignon auprès des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF). Deux mois après, hormis une restitution orale et partielle de certaines données actant la dégradation économique du réseau officinal, venant conforter notre constat, rien n’a bougé. Nos nombreuses relances auprès des services de la ministre de la Santé afin qu’ils nous transmettent les conclusions et les recommandations issues de leurs réflexions sur la structure de la rémunération de la chaîne de distribution du médicament sont, pour l’heure, restées lettre morte.
C’est peu dire que notre frustration est grande, alors même que nous avons travaillé d’arrache-pied pour produire des analyses et des outils spécifiques destinés à nourrir cet indispensable travail de transformation de l’économie de la pharmacie d’officine française. En l’absence de la communication dudit rapport et des préconisations qui en découlent, il nous est impossible de nous positionner et de formuler des propositions et des contre-propositions, qui formeront le cadre de la future négociation conventionnelle avec l’Assurance maladie. Celle-ci doit, en effet, être l’aboutissement de cette séquence cruciale pour l’avenir de notre profession et, au-delà, pour celui de l’offre de soins dans notre pays.
Les situations politiques nationale et internationale, principalement marquées par l’échéance présidentielle de 2027 et les conflits au Moyen-Orient, avec leur lot de conséquences macroéconomiques, participent certainement à ce ralentissement de l’engagement de l’exécutif dans des chantiers qu’il estime, peut-être, non prioritaires dans le contexte actuel. S’il appartient désormais à notre ministère de tutelle d’engager le prochain mouvement de pièce sur l’échiquier, nous ne restons pas pour autant figés dans une position d’attente. La FSPF continue d’œuvrer dans tous les champs de son domaine d’intervention. C’est à ce titre qu’elle a récemment signé avec la Cnam l’avenant n° 2 à la convention nationale permettant, enfin, un élargissement important du nombre de pharmacies éligibles au dispositif d’aide aux officines fragiles. Un avenant dont le préambule stipule d’ailleurs que les prochaines négociations avec la Cnam s’ouvriront en 2026. Elles porteront, a minima, sur l’introduction de nouveaux actes en pharmacie, avec la généralisation de l’expérimentation Osys, et sur la revoyure prévue dans l’avenant n° 1 visant à s’assurer du respect de la trajectoire économique des 2 % d’évolution par an de la rémunération sur les années de la convention. Mais, vous l’avez compris, notre volonté est qu’elles puissent aller plus en profondeur dans l’optique de réformer notre mode de rémunération, qui n’est plus adapté aux réalités et à l’évolution de notre métier. Pour cela, il faut absolument que le rapport Igas/IGF sorte enfin du tiroir de la ministre pour que nous en débattions et que s’ensuive l’émission d’une lettre de cadrage au directeur de l’Assurance maladie, laquelle marquera le lancement d’une nouvelle négociation conventionnelle réformatrice. Vous pouvez compter sur nous pour ne pas relâcher la pression dans cette affaire.
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Attentistes, mais pas inactifs
par Philippe Besset
Le 10 avril 2026
© Nicolas Kovarik
Philippe Besset
Président
de la Fédération
des syndicats
pharmaceutiques
de France
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