Parce qu’il était « extrêmement compliqué de discuter avec ce Premier ministre », la FSPF réclamait « de longue date » le départ de François Bayrou. Son président, Philippe Besset, se dit donc satisfait que l’Assemblée nationale ait refusé, le 8 septembre, d’accorder sa confiance au Béarnais par 364 voix contre (et 194 pour), le conduisant à démissionner dès le lendemain. La nomination, le même jour, de celui qui était ministre des Armées depuis 2022 – soit sous les gouvernements successifs d’Élisabeth Borne, de Gabriel Attal, de Michel Barnier et de François Bayrou – démontre la volonté du président de la République de donner la « priorité aux sujets géopolitiques et à la sécurité extérieure de la France ». Ce qui devrait se concrétiser par l’obtention d’un budget permettant à l’armée de s’équiper « en cas d’agression sur le sol européen ».
Enlever les irritants
Aux yeux de Philippe Besset, le choix de Sébastien Lecornu à la tête du gouvernement signifie en premier lieu que la défense de la Nation prend le dessus sur tous les autres sujets en cours, y compris la problématique de la dette française. Et en second lieu que « le Premier ministre va très certainement enlever tous les irritants » dans le but de retrouver une unité nationale autour d’un « objectif de sécurité extérieure ». Autrement dit, pour le président de la FSPF, l’arrivée de ce nouveau Premier ministre apparaît comme « une bonne nouvelle pour la pharmacie d’officine en ce qui concerne les remises ».
Beauvau en soutien
Une analyse qui s’appuie certainement sur les déclarations faites ce vendredi 12 septembre par le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, qui a décidé d’afficher un soutien total aux pharmaciens. Pressenti pour rester à Beauvau, le président des Républicains a en effet dénoncé sur les réseaux sociaux le décret réduisant les remises génériques. Un décret qui, dit-il, « fragilise l’équilibre économique des pharmacies, en particulier en milieu rural, dans les zones déjà touchées par les déserts médicaux » et qui va provoquer « une multiplication des faillites et des fermetures, avec pour conséquence une dégradation de l’accès aux soins ». En conséquence, « le prochain gouvernement devra retirer ce décret ». Sur ce point, si le Premier ministre décide de supprimer ce fameux décret d’ici au 18 septembre, « nous ne ferons pas la manifestation », insiste Philippe Besset.
Quotidien et santé des Français
Si la FSPF se montre donc globalement optimiste quant à la situation politique, son président craint que la santé ne soit pas la priorité du gouvernement Lecornu. « Il faudra qu’on essaie d’influer pour dire que la santé et les services de santé sont importants de tout temps, que ce soit dans les temps de crise ou dans les temps de paix », a-t-il précisé lors de son Live hebdomadaire. Aurait-il déjà été entendu ? Moins de deux heures après cette déclaration, Matignon annonçait que « le Premier ministre effectuera son premier déplacement demain en région » et BFMTV précisait qu’il se rendra en Saône-et-Loire sur le thème de « la vie quotidienne des Français et la santé ». À suivre…
