La campagne de vaccination antigrippale pour l’hiver 2026-2027 s’ouvrira le 13 octobre prochain en métropole, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. À Mayotte, celle-ci a démarré en septembre et à La Réunion, elle est alignée sur celle de l’hémisphère sud pour des raisons géographiques évidentes.
Cette campagne concerne conjointement grippe saisonnière et Covid-19. À tout patient éligible aux deux vaccinations, il est recommandé de proposer la double immunisation, sachant que les deux administrations peuvent être pratiquées le même jour, sur des zones d’injection distinctes. Si les deux vaccins ne sont pas administrés au même moment, il n’y a pas de délai à respecter entre les injections successives.
Cinq vaccins disponibles
Pour cette saison 2026-2027, cinq vaccins protégeant contre trois souches de virus sont disponibles.
Pour la population générale :
– FLUCELVAX (CSL Seqirus) pour l’adulte et l’enfant à partir de 2 ans (vaccin produit sur culture cellulaire) ;
– VAXIGRIP (Sanofi) pour l’adulte et l’enfant à partir de 6 mois (vaccin produit sur œufs embryonnés) ;
– INFLUVAC (Viatris santé) pour l’adulte et l’enfant à partir de 6 mois (vaccin produit sur œufs embryonnés).
Chez les personnes âgées, deux spécialités sont préférentiellement recommandées (toutes deux produites sur œufs embryonnés) :
– EFLUELDA (Sanofi) ;
– FLUAD (CSL Seqirus).
Délivrer sans administrer ?
Le passage en liste 1 des vaccins contre la grippe oblige à aborder un peu différemment les procédures de délivrance des vaccins hivernaux. Comme indiqué par la FSPF, « conformément aux dispositions de l’article 3 de l’arrêté du 8 août 2023 fixant la liste des vaccins que certains professionnels de santé sont autorisés à prescrire et à administrer, les officinaux sont habilités à délivrer aux patients un vaccin, même s’ils ne l’administrent pas ». Le pharmacien intervient alors « en tant que prescripteur ». Du point de vue de la facturation, la FSPF va proposer tout prochainement à ses adhérents un récapitulatif des différents cas pratiques précisant les procédures adaptées. En tout état de cause, le ministère de la Santé rappelle, sur son site, que le pharmacien peut prescrire un vaccin sans l’administrer, mais qu’actuellement, la prescription seule « n’est pas rémunérée par l’Assurance maladie ». Un dispositif qui devrait évoluer en 2027 avec l’instauration d’une rémunération distincte pour la prescription et l’administration d’un vaccin (7,50 euros chacune).
Création de stocks
Les demandes d’entreprises ou de collectivités souhaitant constituer un stock de vaccins pour une administration à leurs salariés ou collaborateurs ne peuvent pas être satisfaites par le réseau. En effet, selon une récente circulaire de la FSPF, « même si cela va à l’encontre de l’objectif de santé publique d’augmentation de la couverture vaccinale, les pharmaciens ne sont pas autorisés à vendre des vaccins en dehors de la présentation » d’une commande réalisée par des professionnels de santé. D’ailleurs, à ce jour, les commandes de vaccins contre la grippe par les médecins, sages-femmes et infirmiers pour constituer un stock au sein de leur cabinet ne sont pas encore possibles. Les modalités spécifiques à cet approvisionnement seront également précisées prochainement.
Pas encore d’obligation vaccinale
Dans un DGS-Urgent daté du 22 septembre, la Direction générale de la santé annonce que l’obligation des soignants de se vacciner contre la grippe, telle qu’envisagée dans la LFSS 2026 et confirmée par l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) en juillet dernier, ne sera pas encore « pleinement opposable » pour la campagne 2026-2027 puisqu’elle « n’entrera en vigueur qu’à l’issue des travaux réglementaires attendus d’ici à la fin du premier trimestre 2027 ». Néanmoins, indique la DGS, « cette période doit permettre de maximiser les couvertures vaccinales, d’organiser l’offre de vaccination au sein des établissements et des organisations de soins de ville, d’informer les professionnels de leurs futures obligations et d’identifier les éventuelles difficultés opérationnelles en vue de la mise en œuvre du dispositif ».
