La lettre de cadrage de la ministre de la Santé ayant enfin été transmise au directeur général de l’Assurance maladie, nous allons pouvoir entamer la négociation de l’avenant n° 3 à la convention. Ce sera pour nous l’occasion de rappeler que, depuis 2012, nous avons construit un modèle économique destiné à réduire à sa plus simple expression l’impact des baisses de prix des médicaments sur notre marge. Unchiffre de 2025 montre d’ailleurs l’efficacité des mesures prises en ce sens : les 1,1 milliard d’euros de baisse de prix sur les molécules hors génériques et hors biosimilaires votés dans la loi de financement de la Sécurité sociale ont fait perdre au réseau officinal 39 millions d’euros, soit moins de 4 % de la somme économisée par l’État. Le problème ne vient donc pas de là, mais de la décision du CEPS, prise en parallèle, de baisser les prix de certains médicaments génériques à hauteur de 180 millions d’euros, avec des répercussions pour les pharmaciens représentant au moins 40 % de ce montant. En clair : 1,1 milliard d’euros d’économies pour le système de santé nous coûte nettement moins cher que 180 millions d’euros récupérés dans un autre poste ! Il faut donc que cessent ces baisses intempestives sur les génériques, en dehors de celles prévues par le CEPS dans son calendrier de convergence des prix. Non seulement cela ampute lourdement les ressources des pharmaciens, mais c’est également très peu rentable pour les caisses publiques.
« Il faut que cessent
ces baisses intempestives
sur les génériques. »
Rappelons encore que nous avons fait économiser 170 millions d’euros à l’Assurance maladie ces 12 derniers mois, grâce à la substitution des médicaments biologiques par des biosimilaires. En contrepartie, nous avons bénéficié de la remise commerciale légale de 20 %, arrachée après d’âpres négociations. Il faut arrêter de nous donner d’une main et de nous reprendre de l’autre, alors même que nous remplissons pleinement les missions qui nous ont été confiées.
Enfin, si nous soutenons la trajectoire qui vise à réduire le volume de boîtes prescrites dans une logique de santé publique et d’efficience économique, nous ne pouvons pour autant l’assumer sans compensation. Le plus pertinent, selon nous, serait d’augmenter les honoraires, et notamment celui à l’ordonnance puisque cette tâche mobilise beaucoup de notre temps. Nous avons analysé que ce transfert de rémunération gagnant-gagnant fragiliserait cependant environ 10 % des officines, essentiellement de petite taille. Pour ne pas les léser, nous réfléchissons à l’idée d’un forfait structure qui prendrait la forme d’un honoraire fixe, ou indexé sur des indicateurs à définir, et qui servirait d’amortisseur. Nous nous présenterons donc à la négociation avec un cahier des charges bien pourvu et nous sommes fermement décidés à le défendre bec et ongles.