Ces dernières semaines, Bertrand Bouyx est « très sollicité par les confrères sur le plan local », en lien avec les annonces gouvernementales « violentes et sans concertation » sur le plafond des remises génériques et biosimilaires. C’est la raison pour laquelle « nous sommes plusieurs députés de divers bords politiques à avoir pris le sujet à bras-le-corps car cette question aura de forts impacts dans les territoires, en particulier ruraux. Elle nous frappe au moment où nous nous interrogeons tous sur la désertification médicale », a-t-il expliqué lors des Amphis de l’officine. À ses yeux, il n’est pas possible de renforcer le maillage tout en réalisant des économies sur le médicament et en portant « un coup de poignard dans le dos de la profession ». Car, rappelle-t-il, « 800 à 1 000 officines sont déjà dans le rouge ». Une prise de conscience chez les députés, venus nombreux à la manifestation interprofessionnelle du 1er juillet, où ils ont rencontré des pharmaciens « pour nous dire leur solidarité et s’engager à agir au Parlement afin de sauver le maillage officinal », note Philippe Besset, président de la FSPF. Dans tous les départements, les pharmaciens prennent d’ailleurs contact avec les élus pour faire connaître la situation, même si les capacités d’intervention des députés se trouvent limitées par « la fragmentation politique du paysage de l’Assemblée nationale », reconnaît Bertrand Bouyx. C’est pourquoi la FSPF aurait préféré « trouver un terrain d’entente avec le gouvernement en place, qui a le pouvoir réglementaire suffisant pour agir sur les plafonds de remises », mais c’est vers d’autres voies de recours qu’elle se dirige désormais. « Celle du législateur est plus difficile à manier, mais nous avons des alliés, il nous faut réussir à les mobiliser. La seule question qui vaille est celle de savoir si la France veut conserver ses pharmacies de proximité dans les villages et les quartiers », conclut Philippe Besset.
