Alors que la surveillance des arboviroses est renforcée en France métropolitaine entre le 1er mai et le 30 novembre, le nombre de cas importés de chikungunya a commencé bien avant et atteint cette année un niveau sans précédent. En effet, entre le 1er janvier et le 20 mai, ce sont plus de 950 cas importés qui ont été comptabilisés dans l’Hexagone, la plupart provenant de La Réunion où une épidémie d’ampleur sévit. En parallèle, une autre épidémie, de dengue cette fois, se poursuit dans les Antilles. Elle aussi entraîne dans son sillage un nombre élevé de cas importés depuis le début de l’année : 1 275 au 20 mai en métropole.
Déclaration obligatoire
Or, ces chiffres élevés risquent de progresser dans les semaines à venir. La Direction générale de la Santé (DGS) rappelle, dans un message aux professionnels de santé daté du 21 mai, qu’« en ce début de saison propice à la prolifération des moustiques vecteurs (identifiés dans 81 départements désormais), il est essentiel d’identifier précocement tous les cas afin de réduire le risque de transmission virale sur le territoire métropolitain ». Le chikungunya et la dengue, tout comme Zika, sont des maladies à déclaration obligatoire, et le signalement doit être réalisé au plus tôt afin que l’ARS puisse mettre en œuvre des investigations et des mesures de lutte antivectorielle adaptées pour limiter le risque de propagation.
Appel à la vigilance
La DGS attire l’attention des soignants « sur les diagnostics de chikungunya et de dengue qui doivent être évoqués devant tout syndrome fébrile et algique notamment associé à un antécédent de séjour (date de retour inférieure à 15 jours) en zone de circulation du virus » ou en présence d’un « cas dans l’entourage ». Ainsi, devant un patient présentant un tableau évocateur de l’une de ces maladies, « tous les professionnels de santé sont invités à l’inciter à consulter un médecin au plus vite ». Elle précise que « les examens biologiques doivent être prescrits en fonction de la date de début des signes du patient et les prélèvements précoces doivent être privilégiés ». La DGS ajoute enfin que « la prescription doit cibler à la fois le virus de la dengue, du chikungunya et de Zika ».