Alors que l’ANSM lance une campagne d’information destinée à faire connaître la e-notice qui commence à apparaître sur certaines boîtes de médicaments sous la forme d’un QR code à scanner avec son téléphone portable, l’Assurance maladie continue de son côté d’encourager les usagers à télécharger et activer l’application carte Vitale sur leur smartphone. La dématérialisation du célèbre rectangle vert, débutée en décembre 2025, vise à limiter les situations où un patient oublie sa carte physique et génère des démarches administratives supplémentaires et des retards de remboursement.
Bénévolat
Dans l’objectif d’encore mieux faire connaître l’application carte Vitale, la Cnam a décidé de mettre sur pied une « Journée portes ouvertes en pharmacie » (JPOP) le 22 septembre prochain. S’il est souhaité que les équipes officinales promeuvent l’outil numérique et aident leurs patients désireux d’installer le précieux sésame sur leur téléphone, comme expliqué dans un récent courrier envoyé par l’Assurance maladie aux pharmaciens, aucune compensation n’est en revanche prévue. C’est d’ailleurs l’une des récriminations de la FSPF à l’égard de cette initiative, dont elle regrette la méthode : « La profession est, une fois de plus, placée devant le fait accompli, sans concertation préalable sur l’opportunité ni sur les modalités de cette journée », peut-on lire dans un communiqué daté du 10 juillet et signé par Valérian Ponsinet, le président de la commission Convention et Systèmes d’information du syndicat. La FSPF déplore donc surtout « qu’aucune rémunération ne soit prévue en contrepartie du temps que vous et vos équipes consacreriez à l’accueil, à l’accompagnement et à l’activation de l’application, alors même que ces missions numériques mobilisent des ressources bien réelles au comptoir ».
Tensions
L’idée de cette JPOP passe d’autant moins bien qu’elle intervient alors que de nombreuses pharmacies entretiennent des contentieux avec leur CPAM. La Fédération énumère ainsi plusieurs situations problématiques, telles que « des notifications d’indus toujours plus nombreuses, souvent contestables et chronophages à traiter ; des facturations de fauteuils roulants qui restent impayées, immobilisant votre trésorerie sur des montants parfois considérables ; des réclamations répétées de pièces justificatives dans le cadre de SCOR, y compris pour des ordonnances numériques censées précisément fluidifier ces échanges… » Sans compter que les lecteurs dont sont équipées de nombreuses officines ne parviennent toujours pas à lire correctement le Datamatrix de l’application carte Vitale.
Au choix
Si la FSPF n’entend pas cautionner sans réserve cette JPOP comme la Cnam le lui a demandé, le syndicat ne souhaite pas non plus appeler au boycott. Elle laisse donc à l’appréciation de chacun, « en fonction de son organisation, de ses moyens et de ses convictions », le choix de s’y engager ou non et rappelle que les délégués au numérique en santé (DNS) devraient prendre contact avec les pharmaciens durant l’été. Le syndicat martèle enfin que « toute mission confiée à l’officine, a fortiori dans le champ numérique, doit s’accompagner d’une juste reconnaissance et d’une rémunération à la hauteur de l’engagement demandé ».
