LA GRIPPE
- La vaccination antigrippale administrée durant la grossesse produit une réponse immunitaire qui protège tant la femme enceinte que, grâce au passage transplacentaire des anticorps, le nouveau-né.
- La réduction du risque de grippe dans les 6 premiers mois de vie varie, selon les études, d’un à deux tiers.
- Les réactions secondaires à la vaccination contre la grippe chez la femme enceinte sont généralement bénignes et transitoires (réaction au point d’injection, céphalées, myalgies).
- La vaccination contre la grippe est recommandée dès le début de la grossesse, à l’automne et jusqu’au début de l’hiver, avec un vaccin antigrippal standard (donc non adjuvanté, sans concentration antigénique augmentée). Il s’agit actuellement de Flucelvax (CSL Seqirus), Influvac (Viatris) et Vaxigrip (Sanofi).
LA COQUELUCHE
- En France, plus de 90 % des décès par coqueluche surviennent au cours des 6 premiers mois de vie, et en particulier au cours des 3 premiers mois. La vaccination prénatale permet de couvrir cette période à haut risque, avec une efficacité estimée autour de 80 % chez les nourrissons de moins de 3 mois.
- La protection conférée revêt deux aspects. Elle est directe, grâce aux anticorps transmis via le placenta, et indirecte puisque la mère vaccinée n’est plus susceptible de contaminer l’enfant après sa naissance.
- La vaccination contre la coqueluche est recommandée à partir du 2e trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée, y compris lorsque la femme a reçu un vaccin contre la coqueluche avant de tomber enceinte.
- Il n’existe pas en France de vaccin monovalent contre la coqueluche. Deux vaccins combinés dTcaP sont recommandés chez la femme enceinte : Boostrixtetra (GSK) et Repevax (Sanofi).
- La vaccination du nourrisson contre la coqueluche doit être pratiquée conformément au calendrier vaccinal, que la mère ait été ou non vaccinée durant sa grossesse.
LA COVID-19
- La surveillance au cours de la pandémie a montré que les femmes enceintes faisaient partie des personnes à risque de formes sévères. De plus, l’infection maternelle peut entraîner des conséquences négatives pour le fœtus ou le nouveau-né.
- Les anticorps produits par la mère en réponse à la vaccination sont transférés au fœtus via le placenta, le protégeant pendant plusieurs mois après la naissance.
- L’immunité déclinant rapidement avec le temps, un rappel est recommandé six mois après la précédente vaccination ou trois mois après la dernière infection à la Covid-19.
LA BRONCHIOLITE
- Environ 30 % des nourrissons de moins de 2 ans sont touchés chaque année par la bronchiolite, dont 2 à 3 % de moins de 1 an qui déclarent une forme sévère nécessitant une hospitalisation.
- À ce jour, seul le vaccin Abrysvo (Pfizer) peut être utilisé chez la femme enceinte. Son administration est recommandée entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée entre septembre et janvier.
- Le vaccin vise à protéger le bébé dès sa naissance. Il présente une efficacité de 80 % pour prévenir les bronchiolites dues au virus syncytial respiratoire (VRS) chez les enfants de 3 mois, efficacité qui s’élève à 70 % à l’âge de 6 mois.
- Il existe une autre stratégie préventive de la bronchiolite du nourrisson, par l’administration d’anticorps monoclonaux (Beyfortus) directement au nouveau-né. Le choix entre Abrysvo et Beyfortus est laissé aux parents.
EN PRATIQUE
→ Toutes ces vaccinations ne nécessitent qu’une seule dose durant la grossesse.
→ Médecins, sages-femmes, pharmaciens et infirmiers sont habilités à prescrire et administrer l’ensemble de ces vaccins.
→ Ils sont pris en charge à 100 % à partir du 6e mois de grossesse et jusqu’à 12 jours après l’accouchement. Les femmes enceintes bénéficient d’un bon de prise en charge gratuite du vaccin contre la grippe, quel que soit le terme de leur grossesse.
AUTRES VACCINATIONS
→ D’autres vaccins inactivés peuvent être utilisés si la situation épidémiologique et le risque pour la femme enceinte le justifient.
→ Par principe, et sauf exception, les vaccins vivants sont contre-indiqués pendant la grossesse. Les vaccins rougeole, oreillons, rubéole (ROR) et varicelle sont également contre-indiqués pendant le mois précédant la conception.
→ La vaccination contre la fièvre jaune peut être justifiée au cours de la grossesse en cas de séjour en zone d’endémie ou dans un contexte épidémique. L’allaitement doit toutefois être suspendu pendant les deux semaines suivant l’injection.
