N°1377
Février 2026

La vigilance reste de mise sur les laits infantiles

Devant l’ampleur des rappels en cascade de laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide, l’Ordre des pharmaciens cesse d’avertir via les DP-Rappel et détaille les réflexes à adopter.

©AdobeStock_Pixel-Shot
par Claire Frangi
Le 06 février 2026

La liste des références de laits infantiles retirés du marché s’allonge encore. Cette nouvelle vague de rappels est liée à l’abaissement du seuil de la présence de céréulide (de 0,03 à 0,014 µg par kg de masse corporelle) autorisée dans les laits pour bébés, abaissement que la France vient d’appliquer pour renforcer la protection des nourrissons. Elle suit en cela la recommandation l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et a donc demandé à l’ensemble des fabricants de laits infantiles en France de se « conformer à ce nouveau seuil ». La mesure a, de fait, élargit la liste des produits concernés par la procédure de retraits, ce à quoi la Direction générale de l’alimentation (DGAL) s’attendait. Cinq usines en France sont concernées.

À chacun de s’informer

Aussi, de nouveaux retraits étant probables dans les jours à venir, l’Ordre des pharmaciens a indiqué dans un communiqué publié le 5 février qu’il ne procéderait plus à l’envoi de DP-Rappel. Toutefois, l’instance recommande instamment de suivre l’évolution de la situation en temps réel en consultant régulièrement le site du ministère de la Santé, la page de ses messages DGS-Urgent, ainsi que le site RappelConso en tapant le mot-clé « céréulide » dans le moteur de recherche. L’Ordre enjoint également les pharmaciens à prendre connaissance avec attention de l’ensemble des courriers et communications émanant des fabricants et des distributeurs. Il rappelle par ailleurs les mesures de retrait des rayons, de sécurisation des lots dans le back-office, d’affichage destiné aux patients, déjà détaillées la semaine dernière dans une circulaire FSPF, et appelle à « la mobilisation de tous les professionnels de santé […] essentielle pour garantir la sécurité des patients, en particulier des nourrissons, population particulièrement vulnérable ».

Symptômes d’une infection alimentaire

Dans un DGS-Urgent mis en ligne le 31 janvier, le ministère de la Santé a spécifié les signes cliniques évocateurs d’une intoxication par la céréulide, qui sont ceux d’une toxi-infection alimentaire. Chez le nourrisson, les symptômes sont majoritairement des vomissements précoces et répétés pouvant être accompagnés d’une diarrhée et d’une fièvre modérée à élevée. Le délai d’apparition des symptômes est court, le plus souvent compris entre 1 et 12 heures après l’ingestion de l’aliment ou du lait contaminé. L’évolution est très généralement favorable, avec une régression spontanée des symptômes en 6 à 24 heures. Un risque domine toutefois chez le nourrisson : celui de la déshydratation aiguë.
Une consultation médicale urgente est notamment indiquée en cas de signes de gravité tels que déshydratation (perte de poids, bouche sèche, pas ou peu d’urines dans la couche, yeux creux, absence de larmes …), fièvre élevée persistante, sang dans les selles, vomissements répétés ou pour tout nourrisson âgé de moins de 3 mois présentant des symptômes. Pour accompagner les familles, le ministère de la Santé conseille de proposer à l’enfant rapidement et prioritairement une solution de réhydratation orale, en petites quantités répétées (10–15 ml toutes les 10–15 minutes), même en cas de vomissements. Alors que la FSPF demandait la semaine dernière aux pharmaciens de conseiller aux consommateurs de procéder eux-mêmes à la destruction des laits incriminés en leur possession, il est désormais recommandé de conserver la boîte de lait lorsque l’enfant présente des symptômes évocateurs. Elle pourra être mise à disposition du fabricant à des fins d’analyses ultérieures éventuelles, précise la Direction générale de la santé (DGS), qui réitère que pour l’heure, « aucun lien n’a scientifiquement été démontré entre la consommation d’un lait infantile retiré du marché et une éventuelle pathologie ou le décès d’un nourrisson ».

Intensification des contrôles

Dans un point presse conjoint qui s’est tenu le 2 février, la DGS et la DGAL ont indiqué que 11 nourrissons avaient été hospitalisés pour gastro-entérite sévère : cinq avaient consommé « avec certitude » du lait concerné par un rappel. Pour les six autres, il y avait « un doute de consommation d’un lot retiré ». Le ministère de la Santé a par ailleurs annoncé un objectif de plus de 1 000 contrôles dans les magasins et pharmacies, afin de s’assurer de la bonne mise en œuvre des retraits et rappels. Selon le ministère, les premiers résultats de cette opération de grande envergure sont plus rassurants que les contrôles menés en décembre. Réalisés sur un échantillon de seulement 30 pharmacies, ils avaient alors mis en évidence une défaillance des retraits dans 10 % d’entre elles.

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