N°1376
Janvier 2026

Retrait de laits infantiles : peut mieux faire

Alors que le nombre de références de laits en poudre pour bébé susceptibles d’être contaminés par une toxine ne cesse d’augmenter, les pharmaciens sont appelés à être plus rigoureux dans la mise en œuvre des rappels de lots.

© adobestock_Africa Studio
par Claire Frangi
Le 30 janvier 2026

Tout a commencé début décembre, avec le rappel de lots de laits infantiles commercialisés par Nestlé. La présence de céréulide, une toxine bactérienne, notamment produite par Bacillus cereus, y a été détectée. Elle est susceptible de provoquer diarrhées et vomissements. La céréulide aurait contaminé une huile riche en acide arachidonique (ARA), ingrédient source d’oméga-6 qui entre dans la composition de certains laits infantiles. Les lots de laits incriminés présentent la particularité d’avoir été tous produits par des fabricants industriels qui se sont procuré cette huile ARA auprès d’un même fournisseur chinois.

Alertes croissantes

Les rappels, d’abord effectués de façon isolée et discrète – un seul lot de lait Guigoz rappelé en France le 11 décembre –, se multiplient depuis début janvier et sont devenus internationaux. Ils se sont étendus à d’autres industriels tels que Lactalis (marque Picot), Danone (marques Dumex, Gallia, Bledina), Vitagermine (marque Babybio). Plus de 800 références sont dorénavant concernées chez Nestlé (les marques Nidal et Alfamino sont venues s’ajouter à Guigoz). En outre, depuis la mi-janvier, plusieurs signalements de bébés malades ont été remontés auprès des autorités sanitaires de différents pays. Et deux enquêtes ont été ouvertes en France pour des décès de bébés ayant consommé des laits Guigoz, pour lesquels le lien de causalité n’a, pour l’heure, pas été établi.
C’est dans ce contexte que le président de la FSPF, Philippe Besset, a attiré l’attention des pharmaciens, lors de son Live hebdomadaire du 30 janvier, sur la bonne mise en œuvre de la procédure de rappels de lots. En effet, la Direction générale de l’alimentation procède actuellement à des contrôles, dans tous les circuits de distribution, pharmacies comprises, et a relevé plusieurs manquements. Selon l’Ordre des pharmaciens, 23 % des contrôles effectués en pharmacie apparaissent comme non conformes, et dans 10 % des pharmacies, la présence de produits, pourtant rappelés, a été constatée en rayon.

Améliorer l’ensemble du processus

Or, rappelle la FSPF dans une circulaire détaillant les modalités de retrait et rappels des laits infantiles, « en tant que distributeur, votre responsabilité pénale peut être engagée pour défaut de mise en œuvre ou de relais des mesures de rappel ». Le non-respect de cette responsabilité peut entraîner des amendes allant de 1 500 à 7 500 euros. « Entendons-nous bien : les pharmaciens contrôlés retirent bien les lots de la vente, et je n’ai pas de doute sur le fait [qu’ils prennent] en compte les alertes des DGS-Urgent, a souligné Philippe Besset. En revanche, […] il faut assurer la traçabilité de ce qui a été retiré. Les laits doivent être consignés à part et non posés dans le back-office. Il y a tout un process à suivre, rappelé dans la circulaire, et c’est cela qui est contrôlé ». La circulaire indique notamment que les pharmaciens doivent procéder à la destruction des produits concernés en leur possession et en informer, via un certificat, les fabricants.

Affichages manquants

Ils sont également soumis à une obligation d’affichage des rappels de lots, dans l’espace de vente et sur le site internet de la pharmacie, et c’est principalement cet aspect qui est défaillant, a observé Philippe Besset. Il a précisé que cette obligation s’applique pour les marques rappelées que le pharmacien commercialise. « Pour les autres marques, ce n’est pas obligatoire, mais le pharmacien peut le faire […]. Plus les gens ont l’information, mieux c’est, cela déclenche un dialogue au comptoir qui permet de leur garantir que les laits présents dans l’officine ne posent pas de problème », a-t-il relevé. La FSPF rappelle par ailleurs qu’il convient de conseiller aux consommateurs de cesser immédiatement d’utiliser les laits concernés par la procédure de rappel, même en l’absence de symptômes. Attention, les lots de laits rappelés ne sont pas nécessairement commercialisés en officine. De plus, la liste étant évolutive, la FSPF conseille de consulter régulièrement le site RappelConso pour vérifier la présence des produits rappelés dans les stocks et en rayon.

 

 

 

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