La satisfaction est tangible. Tant lors de sa conférence de presse de rentrée, le 7 janvier, que lors de son premier Live hebdomadaire de l’année, le lendemain. Le président de la FSPF s’est félicité que les parlementaires aient abouti au vote de la LFSS et surtout que les confrères, qui se sont battus tout au long de l’année 2025, aient réussi à se faire entendre. « Nous allons essayer de construire sur ce combat de l’année 2025 et faire de 2026 une année utile ; toutes les chances sont de notre côté », analyse Philippe Besset.
Plafonds de remises
De fait, la mobilisation a payé et permis des avancées dans la LFSS 2026. À commencer par la fixation dans la loi des plafonds des remises commerciales, à 40 % pour les génériques et hybrides et à 20 % pour les biosimilaires (article 37). « Ce surclassement préservera le réseau officinal d’une baisse de plafond par voie réglementaire, comme l’avait fait le gouvernement Bayrou », remarque la FSPF.
Aide aux officines fragiles
L’extension de l’aide aux officines en difficulté est une autre victoire (article 63), même si Philippe Besset ne manque pas de souligner la perte de temps dû à un critère de zonage inadapté qui n’a pas permis d’aider toutes les pharmacies essentielles en ayant besoin. Ainsi, en décembre 2025, une centaine d’entre elles ont pu en bénéficier, soit environ 900 de moins que prévu lors de la mise en place de cet accompagnement conventionnel par la Cnam. Pour que cette extension hors critère de zonage puisse s’appliquer, un avenant conventionnel doit être signé avec l’Assurance maladie. C’est pourquoi la FSPF demande un « avenant flash » au plus vite pour verser cette aide, qui peut aller jusqu’à 20 000 euros par an, avant la fin du premier semestre 2026 aux officines éligibles. En attendant, en 2025, ce sont 34 communes qui ont perdu leur dernière pharmacie.
Champ d’intervention élargi
Le président de la FSPF insiste par ailleurs sur la reconnaissance par les parlementaires de « la contribution des pharmaciens à l’évaluation et à la prise en charge de situations cliniques » (article 63 également). Il s’agit sans conteste d’un élargissement de leur champ d’intervention dans le sens où « nous n’aurons plus besoin de passer par une loi pour ajouter un acte d’évaluation et de prise en charge, comme nous avons dû le faire pour la vaccination par exemple. Cela repose désormais sur le pouvoir réglementaire et il suffit d’un arrêté ministériel pour entériner un nouvel acte, que ce soit l’un de ceux expérimentés dans Osys ou d’autres, comme la prise en charge de l’hypertension artérielle ou encore de la dysfonction érectile. »
Réseau France Santé
Philippe Besset salue, par ailleurs, la création du réseau France Santé que le gouvernement a finalement réussi à maintenir dans la LFSS 2026, et se réjouit que les officines « jouant un rôle déterminant dans l’accès aux soins de leur territoire » puissent bénéficier du label et du financement associé (jusqu’à 50 000 euros). « Matignon va assez vite sur le sujet, constate-t-il. Il a demandé aux ARS, avant même la négociation conventionnelle interprofessionnelle qui va démarrer en février pour établir les objectifs et les critères de labellisation, de chercher des structures à labelliser. En décembre, elles ont trouvé 7 pharmacies, 900 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), une centaine d’hôpitaux locaux et des centres de santé. »
Déploiement des biosimilaires
Les mesures pour développer le marché des biosimilaires en ville (article 87), dont la FSPF rappelle être à l’origine, sont particulièrement bien accueillies. Il s’agit de la prescription en dénomination commune internationale (DCI), de l’encadrement de la mention « Non substituable » et du dispositif tiers payant contre biosimilaires. « Ces dispositions vont augmenter le recours aux biosimilaires et, en complément des remises commerciales sur ces produits, accroître les revenus associés pour les pharmacies tout en étant bénéfiques aux comptes sociaux », précise le syndicat.
Abandon des mesures dangereuses
Enfin, Philippe Besset se réjouit de l’abandon d’un certain nombre de mesures « initialement envisagées, qui auraient mis les pharmacies en danger », telles que le doublement des franchises médicales, leur extension aux dispositifs médicaux et leur collecte au comptoir ; l’assouplissement des règles d’ouverture d’une pharmacie sous le seuil de 2 500 habitants ; la généralisation de la dispensation à l’unité ; ou encore l’extension des possibilités de création d’antennes de pharmacie alors que l’expérimentation est encore en cours. « Le Conseil constitutionnel a retoqué la généralisation des antennes qui sont, à nos yeux, un pis-aller, encore mal définies, dont l’expérimentation doit d’abord aller à son terme pour pouvoir être évaluée. Cela n’enlève rien au fait que le sujet de l’exercice pharmaceutique en milieu rural doit être pris à bras-le-corps et nous y sommes prêts. »
La FSPF a diffusé ce 9 janvier une circulaire, réservée à ses adhérents, détaillant l’ensemble des dispositions de la LFSS 2026 concernant les pharmaciens.
