Depuis la mise en place des mesures de lutte contre les tensions d’approvisionnement en quétiapine, ce sont très exactement 97 300 équivalents traitements mensuels de cet antipsychotique atypique qui ont été dispensés en pharmacie, selon un point d’information sur la situation des médicaments psychotropes diffusé par l’Agence du médicament (ANSM) le 10 juin. Si 29 000 de ces équivalents traitements délivrés sont issus d’importations, les 68 300 équivalents traitements mensuels restants ont pu être fournis grâce à la mobilisation des officinaux : 64 000 préparations magistrales ont été réalisées à leur demande et 4 300 dispensations à l’unité ont été effectuées.
Retour à la normale incertain
Depuis le 14 février, les pharmaciens sont en effet autorisés à recourir aux préparations magistrales – pour remplacer les formes à libération prolongée (LP) de la molécule habituellement présentes sur le marché français par des gélules à libération immédiate (LI) –, et au déconditionnement, et ce, afin d’assurer la continuité des traitements des 240 000 patients français à qui elle est prescrite. Dans son point de situation, l’ANSM indique que le retour à la normal des stocks de quétiapine aux dosages 300 et 400 mg (LP) reste inconnu à ce jour. S’agissant du dosage 50 mg (LP), la couverture des besoins habituels est, selon les laboratoires, assurée.
Divers leviers d’action
L’usine Pharmathen International située en Grèce, qui fournit habituellement 60 % des médicaments à base de quétiapine, avait annoncé en juillet 2024 être confrontée à des difficultés temporaires de production en raison d’un défaut de qualité, entraînant un arrêt partiel de son activité. Depuis cette date, l’ANSM a activé, au fil des mois, un certain nombre de dispositifs pour tenter de couvrir les besoins des patients. Fin avril, l’Agence avait indiqué que Pharmathen International reprenait peu à peu son activité, ce qui permettait une légère hausse des stocks de quétiapine LP (principalement au dosage 50 mg). L’instance sanitaire relevait également que le recours aux préparations magistrales de quétiapine (LI) avait diminué de 40 % en quatre semaines, baisse qu’elle attribuait au retour progressif des boîtes habituelles dans les pharmacies.