La France présente indéniablement de meilleurs résultats que la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur plusieurs indicateurs, tels que la mortalité évitable (162 pour 100 000 habitants contre 222/100 000).
Notre pays affiche ainsi l’une des prévalences de diabète (types 1 et 2) parmi les plus basses avec environ 2,7 % d’adultes concernés contre 8 % pour la moyenne OCDE. De même, en matière de surpoids et d’obésité, nos concitoyens demeurent dans le peloton de queue dans un classement dominé par le Chili et les États-Unis où 70 % de la population présente un IMC au-delà de la valeur recommandée.
En revanche, le tabagisme quotidien reste élevé (23 %) et la France n’est devancée sur ce critère que par l’Indonésie, la Turquie et la Chine. La prise régulière d’alcool reste, elle aussi, considérable, avec 10,4 litres d’alcool consommés par personne et par an, plaçant la France parmi les pays les plus consommateurs de l’OCDE.
Trop d’antibiotiques
Alors que sur le terrain de la consommation d’antidépresseurs, la France ne présente pas des chiffres correspondant aux idées reçus sur la question – 64 doses quotidiennes définies (DQD) pour 100 000 habitants là où la moyenne OCDE se situe à 77 –, il en va autrement concernant la consommation d’antibiotiques. Alors qu’en moyenne 16 DQD d’antibiotiques pour 1 000 habitants ont été prescrites dans les pays de l’OCDE en 2023, la France n’est clairement pas l’une des meilleures élèves avec 22 DQD pour 1 000 habitants.

Prévention en berne
Si l’on sait que la prévention reste le parent pauvre des politiques de santé publique en France, les données apportées par ce Panorama viennent appuyer ce constat. En 2023, le taux de dépistage du cancer du col de l’utérus s’établit ainsi à 54 % de la population concernée dans notre pays, là où la moyenne de l’OCDE est à 58 % et où une dizaine de pays dépasse les 70 %.

Même constat pour le dépistage du cancer colorectal dont le taux en France stagne à 34 % en 2023 contre 47 % en moyenne dans 28 pays de l’OCDE.

Avec 54 % de sa population âgée de plus de 65 ans vaccinée contre la grippe en 2024, notre pays n’est, là encore, pas en bonne position, loin s’en faut.

Le reste à charge le plus faible de l’OCDE
Concernant le volet des dépenses en produits pharmaceutiques en 2023 exprimées en dollars américains par habitant, la France reste légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE avec 813 dollars, relativement loin derrière l’Allemagne (1 158 dollars) et les États-Unis (1 713 dollars). Pour notre pays, l’énorme majorité de ces dépenses concernent les produits prescrits.

Sans surprise, la France est le pays de l’OCDE dans lequel le reste à charge des dépenses en produits pharmaceutiques pour les patients demeure le plus faible (11 %), devant l’Allemagne et l’Irlande, grâce à une prise en charge par l’Assurance maladie et les régimes complémentaires obligatoires qui s’élève à 84 %.

Un réseau officinal dans la moyenne
Le maillage pharmaceutique français se montre, lui aussi, très proche de la moyenne des pays étudiés avec 31 officines pour 100 000 habitants en 2023. Les chiffres présentés ne font pas part de leur évolution dans le temps et ne prennent donc pas en compte l’érosion constatée dans certains pays comme la France.
Il est à noter que le nombre d’officines par habitant extrêmement bas relevé au Danemark cache en réalité un mode d’organisation qui fait la part belle aux structures de très grande taille dotées de filiales et de succursales rattachées à l’officine principale.

Génériques et biosimilaires : peut mieux faire
L’analyse des données concernant le marché des génériques laisse apparaître une sous-performance de la France en la matière. En effet, en 2023, la part de ces médicaments au sein du marché pharmaceutique global ne représente que 42 % en volume quand la moyenne de l’OCDE se situe à 56 %.
Le taux de pénétration des génériques dans notre pays demeure donc un point faible comparativement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, par exemple, qui présentent des parts de marché en volume respectivement de 84 et 80 %.

Même constat concernant le marché, certes beaucoup plus récent, des médicaments biologiques et des biosimilaires. La France reste ainsi en-deçà de la moyenne de 18 pays de l’OCDE avec une part de marché en 2023 de ces molécules dans dix domaines thérapeutiques clés qui s’établit à 20 % contre 22 %.
Le gisement est pourtant bien présent puisque 63 % de ce marché français sont toujours occupés par des médicaments biologiques de référence pour lesquels un ou plusieurs biosimilaires ont été approuvés.

