N°1383
Septembre-Octobre 2026

Pharmacies dégradées : premières mesures de soutien

Les violences urbaines qui se sont déroulées le week-end dernier en marge des manifestations n’ont pas épargné les officines. Le gouvernement déploie de premières mesures d’urgence et la profession se mobilise.

©AdobeStock_Ekaterina Pokrovsky
par Mélanie Mazière
Le 21 October 2026

Ce sont actuellement plus d’une trentaine de pharmacies et un laboratoire de biologie médicale qui ont été la cible d’actes de dégradation les 17 et 18 octobre dernier, selon le décompte du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) en date du 20 octobre. De la vitrine cassée à la pharmacie entièrement saccagée, les dégâts sont extrêmement variables d’un établissement à l’autre. Les confrères sont invités à se signaler auprès de l’Ordre (agressionpharmacien@ordre.pharmacien.fr) et peuvent se tourner vers le référent sécurité ordinal de leur département.

Solidarité confraternelle

La profession s’est immédiatement mobilisée pour proposer différentes aides aux confrères touchés :

  • Les pharmacies adhérentes à la FSPF et victimes de dégradations peuvent bénéficier d’un versement pouvant atteindre 2 000 euros. Elles doivent pour cela se manifester auprès de leur syndicat départemental.
  • Les confrères peuvent saisir la commission d’entraide et de solidarité du Cnop, en exposant leur situation par mail à cesp@ordre.pharmacien.fr.
  • La Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP) « se tient prête à venir en aide aux pharmaciens » grâce à son fonds d’aide sociale. Sa commission d’action sociale examinera dès le 22 octobre toutes les demandes qui lui seront adressées. Pour ce faire, les pharmaciens concernés doivent envoyer un courriel à la responsable de la relation affiliés, Laurence Colonna-Marbot (lmarbot@cavp.fr) en précisant leurs coordonnées.
  • L’association Aide et dispositif d’orientation des pharmaciens (ADOP), constituée de pharmaciens formés au soutien, propose un service d’écoute et d’accompagnement disponible sept jours sur sept, de 6 heures à minuit, en capacité d’orienter vers un professionnel recours de proximité selon les besoins. Le numéro vert : 0 800 73 69 59.
  • À la suite des dégradations intervenues les 17 et 18 octobre, la FSPF 75 propose une soirée d’information intitulée « Votre officine est-elle bien assurée ? », le 5 novembre prochain à 20 h 30. Il est possible d’y participer en présentiel à Paris, ou en visioconférence. Les inscriptions se font par mail à adresser à syndicatpharmaciens75@fspf.fr.

Les aides du gouvernement

En réunion de crise avec le cabinet de la ministre de la Santé dès lundi matin, la FSPF a formulé plusieurs demandes « destinées à faciliter le retour à un fonctionnement normal des entreprises officinales concernées ». En réponse, le gouvernement a communiqué de premières mesures de soutien aux commerces impactés :

  • un dispositif d’activité partielle pris en charge par l’État pour les entreprises de moins de 150 salariés contraintes de fermer temporairement, avec une indemnisation à 60 % de la rémunération brute des salariés (100 % pour ceux au Smic),
  • des facilités de paiement des cotisations sociales patronales,
  • un étalement des charges fiscales et sociales sans frais ni majoration,
  • un prêt à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros,
  • un fonds de soutien aux petites entreprises ayant subi des dommages importants, avec une aide forfaitaire en pourcentage du chiffre d’affaires.

Droit du travail

Dans un post LinkedIn, la directrice des ressources humaines de la Pharmacie Delpech, Sara Boudjelal Valentin, détaille les principes édictés par le droit du travail valables lorsque les locaux d’une pharmacie sont inutilisables. Outre le recours à l’activité partielle que les mesures gouvernementales comptent faciliter, elle rappelle une alternative en cas de fermeture courte de l’officine : la récupération des heures perdues. « Les salariés sont payés normalement pendant l’interruption, puis rattrapent les heures au taux normal, dans la limite d’une heure par jour et huit heures par semaine. L’inspection du travail doit en être informée au préalable. » Mais attention, prévient-elle, contrairement à la mesure gouvernementale annonçant la prise en charge intégrale de l’activité partielle par l’État, le coût de cette mesure « reste à la charge de l’employeur ».

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