Alors que le PLFSS est toujours en cours d’examen, de nombreuses mesures concernant l’officine vont globalement dans le bon sens. C’est le cas de l’amendement gouvernemental prévoyant l’intégration des pharmacies dans le réseau France santé qui vient d’être adopté par l’Assemblée nationale. Doté d’une enveloppe de 130 millions d’euros (50 000 euros par structure), il élargit en outre le périmètre des interventions thérapeutiques à la main des confrères, après avis de la HAS et arrêté ministériel. Notre objectif sera désormais de déplacer ce dispositif dans le champ conventionnel où se trouve, selon nous, sa véritable place. Autre point positif : l’aide aux officines situées en territoires fragiles et son enveloppe individuelle de 20 000 euros annuels vont bien être étendues aux pharmacies qui demeurent les seules dans leur village, bien que nous déplorions par ailleurs l’article autorisant la création d’une pharmacie dans une commune de moins de 2 500 habitants dont la dernière officine a baissé le rideau. Pour nous, il demeure en effet essentiel de se focaliser sur les mesures qui empêchent les fermetures plutôt que pallier ces échecs de préservation du maillage par de nouvelles ouvertures.
« Notre objectif sera désormais
de déplacer ce dispositif
dans le champ conventionnel. »
De même, nous continuons à nous opposer à la généralisation de la dispensation à l’unité (DAU) qui n’est toujours pas une idée adaptée en France pour lutter contre le gaspillage, comme nous l’avons expliqué en commission sénatoriale. Nous le démontrerons très prochainement dans un argumentaire que nous cosignerons avec l’Uspo et les syndicats de pharmaciens hospitaliers. Le dernier avis de la Cour des comptes sur la question va d’ailleurs en grande partie dans notre sens puisqu’elle juge la généralisation de la DAU peu pertinente.
Bien entendu, nous saluons la réintégration dans la loi du plafond des remises génériques à hauteur de 40 % après le vote quasi unanime des députés. Bien que la ministre de la Santé aurait souhaité que la pérennisation de ce plafond jusqu’à fin 2026 se fasse par voie d’arrêté, la représentation nationale a préféré garder la main sur ce dossier. Mais tout comme Sébastien Lecornu, Stéphanie Rist, à l’origine de plusieurs avancées majeures pour l’officine lorsqu’elle œuvrait en qualité de député, a entrepris de tisser avec nous une relation de confiance. Un modus vivendi que nous saluons et qui permettra que les travaux visant à l’élaboration commune d’un modèle d’avenir pour le réseau s’entament dans un contexte apaisé et constructif. Il était temps !