Le taux de protection des garçons de 15 ans (nés en 2009) avec au moins une dose de vaccin anti-HPV est estimé à 36,9 % en 2024, alors qu’elle était, deux ans plus tôt, de 12,8 %, soit un quasi triplement. Dans le même laps de temps, la couverture vaccinale des filles de 15 ans, toujours avec au moins une dose, a progressé de 10,6 points par rapport à 2022 pour atteindre 58,4 %. L’écart entre l’immunisation des filles et celle des garçons s’estompe donc.
La nouvelle campagne, qui va débuter en janvier pour la troisième année consécutive, pour les élèves de cinquième et de quatrième dans tous les collèges publics et privés sous contrat volontaires, ainsi que dans les établissements médico-sociaux accueillant des jeunes de 11 à 14 ans en situation de handicap, vise à poursuivre l’amélioration de ces taux de protection. Le but : atteindre les 80 % de couverture vaccinale à l’horizon 2030, conformément à la stratégie décennale de lutte contre les cancers. Ces vaccinations au collège, instaurées en 2023, sont une locomotive qui entraînent dans leur sillage une hausse des injections réalisées en ville par les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers) sur l’ensemble des adolescents de 11 à 14 ans ciblés par les recommandations. Alors que plus de 7 000 cancers HPV-induits surviennent chaque année en France, la vaccination permet d’éviter jusqu’à 90 % des infections qui en sont à l’origine.
Extension aux méningocoques ACWY
Par ailleurs, devant la recrudescence ces dernières années des infections invasives à méningocoques (IIM) qui menacent tout particulièrement les adolescents et les jeunes adultes, les autorités ont décidé cette année de proposer également, lors de cette campagne dans les collèges, la vaccination contre les souches ACWY de méningocoque. Chaque année en France, entre 500 et 600 cas d’IIM sont recensées, dont 10 % environ sont fatales quand d’autres peuvent laisser de lourdes séquelles (surdité, retard mental, amputation…). La stratégie vaccinale contre ces infections s’est aussi intensifiée avec la mise en place d’un rattrapage contre les méningocoques B et ACWY pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Ces vaccinations ne concernent donc pas les collèges mais sont réalisés en ville par les médecins, pharmaciens, sages-femmes et infirmiers.