La FSPF a été reçue mercredi 11 juin par Sandrine Williaume, la conseillère en charge des professionnels du champ sanitaire auprès du ministre de la Santé et de l’Accès aux soins. L’objectif était de faire le point sur les nombreux dossiers relatifs à l’officine et de faire connaître la position du syndicat sur les sujets d’actualité.
Nouvelles missions et soutien aux officines en difficulté
Déjà voté par le Sénat, la proposition de loi Mouiller pour l’amélioration de l’accès aux soins dans les territoires sera examinée en première lecture à l’Assemblée nationale en octobre prochain. Son adoption aura plusieurs conséquences pour la profession officinale. Elle prévoit ainsi l’extension hors territoires fragiles tels que définis par les ARS des aides conventionnelles versées aux officines. Cette évolution devrait permettre à environ 1 000 pharmacies de bénéficier d’un soutien.
Par ailleurs, la proposition de loi veut étendre le champ d’action des pharmaciens : ces derniers se verront confier l’évaluation et la prise en charge de six pathologies bénignes, comme décrit dans le protocole de l’expérimentation Osys. Des sujets « très importants » aux yeux de Philippe Besset, président de la FSPF, qui a évoqué cette réunion lors de son Live hebdomadaire. Le syndicat a déjà commencé à se pencher sur ces questions afin d’être en mesure de contribuer de façon critique à la rédaction des arrêtés qui seront nécessaires à l’application de ces mesures. L’adoption des textes selon une procédure d’urgence est espérée pour la fin de l’année 2025, avant l’étape cruciale de la négociation conventionnelle qui débutera, elle, à partir de juillet 2026.
Complexification persistante
Lors de cette rencontre avec le ministère, Philippe Besset a alerté sur la complexification persistante de l’exercice quotidien. Alors que le gouvernement et la Cnam mettent en place de multiples dispositifs pour lutter contre les fraudes, limiter les risques de surconsommation médicamenteuse ou encore éviter le gâchis de produits de santé, le président de la FSPF en dénonce les conséquences délétères pour l’exercice officinal, liée à la « multiplication des cas particuliers ». Alors qu’un projet de décret visant à limiter à deux boîtes la première dispensation d’antalgiques de palier I a été soumis aux représentants de la profession en mai, Philippe Besset a réaffirmé son inquiétude pour les patients chroniques : ces derniers « devraient absolument être exclus » de cette mesure.
Accélération nécessaire pour le DES
Le sujet des études de pharmacie, et du DES officine en particulier, a été l’occasion pour le syndicat d’appeler de nouveau à une accélération des travaux. La mise en place de cette réforme très attendue nécessite encore des arbitrages concernant le statut de l’étudiant, la durée du stage, les modalités financières d’appui aux pharmacies accueillant ces stagiaires, les aides particulières pour que ces derniers soient encouragés à se rendre en milieu rural… Une modification de la loi est de surcroît nécessaire pour créer le nouveau statut de maître de stage universitaire des officinaux qui rempliront ces fonctions.
Inquiétudes économiques
Si Sandrine Williaume n’est pas directement en charge des éléments économiques relatifs à la profession, la FSPF l’a chargée de relayer auprès du ministre son inquiétude concernant la concertation engagée par le gouvernement sur les remises biosimilaires et génériques. Comme l’a réaffirmé avec gravité Philippe Besset, il est « vital pour l’officine de conserver les remises actuelles sur les génériques ». Une position qu’il ne manquera pas de rappeler lors du prochain rendez-vous avec Yannick Neuder, le ministre de la Santé, prévu à la mi-juillet.
