L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) ont été missionnées par le Premier ministre pour proposer des mesures de régulation des prescriptions en ville comme à l’hôpital. Dans leur recherche des leviers pour maîtriser les volumes de médicaments, les deux grands corps de l’État ont réalisé une audition de la FSPF le 9 juillet dernier. Une occasion saisie par Philippe Besset pour s’attaquer, « chiffres à l’appui », à deux idées fausses qu’il a qualifiées de « canards » auxquels il a voulu « tordre le cou » afin de faire passer « des messages forts », a-t-il expliqué lors de son Live hebdomadaire.
Il ne faut plus de fermetures
La première idée contre laquelle il s’est érigé concerne le fait qu’il y aurait trop d’officines en France. « Le récent rapport de la Cour des Comptes [rapport 2025 sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, NDLR] et nos travaux montrent que la France est le 14e pays de l’Union européenne en nombre de pharmacies par habitant » a-t-il analysé. Si, effectivement, la France était au 3e rang derrière la Grèce et l’Espagne il y a 10 ans, entre les années 2000 et aujourd’hui, la problématique a changé. « Il y a un nombre de pharmacies par habitant qu’il faut préserver. Aujourd’hui, 8 500 communes sont dotées de pharmacies, il faut qu’elles le restent, sinon il y aura un problème d’accès aux médicaments dans les territoires », a-t-il martelé.
Dans la moyenne de la consommation européenne
Le président de la FSPF s’est également attaché à « tordre le cou » à un second « canard » : l’idée selon laquelle la France serait la plus grande consommatrice de médicaments par rapport au nombre d’habitants. Selon Philippe Besset, le pays « est revenu dans la moyenne européenne », se situant désormais « très largement en dessous » de ses homologues anglais et allemand. « La France n’est plus championne du monde de la consommation de médicaments, bien au contraire. Les politiques de régulation de ces dernières années ont été drastiques et nous le voyons bien dans l’économie des officines », a-t-il insisté.
E-prescription avant tout
En conséquence, relève-t-il, le problème ne réside pas dans les volumes, mais bien dans « les dépenses liées aux prix des médicaments ». Pour autant, il considère que ce n’est pas une raison pour ne pas « mener des actions sur la pertinence des soins, toujours essayer de s’améliorer, identifier le bon médicament pour la bonne personne », autant de démarches que les pharmaciens s’appliquent à « faire au mieux », et ce, dans la droite ligne des recommandations prodiguées, année après année, par les rapports annuels « Charges et Produits » de l’Assurance maladie. Dans son Live hebdomadaire, Philippe Besset indique avoir également profité de son audition pour répéter son opposition à l’empilement des procédures administratives qui compliquent le quotidien des pharmaciens. La seule solution valable à ses yeux n’est autre que l’ordonnance numérique, qui « doit tout régler », a-t-il conclu.
