N°1375
Décembre 2025

2026, année de négociations

Reçue pendant deux heures par le conseiller santé du Premier ministre, la FSPF a balayé les très nombreux sujets concernant l’officine qui devront être traités en 2026.

© adobestock_Yingyaipumi
par Mélanie Mazière
Le 19 décembre 2025

L’année à venir s’annonce particulièrement chargée pour les représentants des pharmaciens. Le rendez-vous de la FSPF avec le conseiller santé du Premier ministre, Sébastien Delescluse, le 16 décembre, en témoigne. Ce dernier, qui a rejoint le cabinet de Sébastien Lecornu en octobre dernier, faisait auparavant partie du cabinet de l’ancienne ministre de la Santé, Catherine Vautrin. À ce titre, il a notamment travaillé sur le déploiement des consultations solidaires, les formations en santé, l’attractivité des métiers, le suivi des épidémies hivernales et la préparation du PLFSS pour 2026.

Économie officinale

Concernant ce texte de loi, justement adopté ce même 16 décembre, le conseiller santé a appelé à la prudence, préconisant d’attendre son examen par le Conseil constitutionnel pour en connaître le contenu définitif. « En tout état de cause, nous avons fait le constat que 2026 serait une année de négociations pour les pharmaciens au niveau conventionnel, une fois que nous aurons pris connaissance du rapport de l’Igas et de l’IGF, et après notre analyse ainsi que celle des services de l’État », a relaté Philippe Besset, président de la FSPF, lors de son Live hebdomadaire. En pratique, les négociations commenceront « très probablement au printemps ou au début de l’été » et seront, selon toute logique, quinquennales, qu’elles aboutissent à un « gros avenant » ou à une nouvelle convention pharmaceutique. « Ce sera très structurant pour l’économie de l’officine », ajoute-t-il.

Réseau France santé

Second sujet d’importance abordé lors de cet entretien : le réseau France santé. Sébastien Delescluse a pu revenir sur le financement envisagé. Le lancement va compter sur une enveloppe relevant du budget du fonds d’intervention régional (FIR), donc à la main des ARS, pour « développer ce label ». Une fois en place, le relais sera assuré par le résultat des négociations conventionnelles interprofessionnelles, qui doivent « s’ouvrir en janvier », précise Philippe Besset. L’idée, pour l’État, est d’atteindre les « 5 000 sites qui vont garantir l’accès aux soins de premier recours pour la population ». Dans ce cadre, certaines officines pourraient obtenir cette labellisation. « Une petite dizaine d’officines ont déjà été présélectionnées par les ARS pour la première vague, annonce le président de la FSPF. Nous allons travailler avec elles sur la manière de mettre en place le label, et surtout, sur la façon dont elles peuvent s’insérer dans un réseau de médecins de proximité. »

Réformes à venir

Parmi les autres dossiers abordés avec le conseiller santé, la réforme des études de santé a figuré en bonne place. Concernant le DES officine, Philippe Besset a rappelé l’importance des maîtres de stage universitaire, dont le statut doit absolument être inscrit dans la loi. Ce qui devrait être le cas, d’après la réponse de Sébastien Delescluse, « courant 2026, en même temps que la réforme du premier cycle des études de santé ». La réforme des ARS, dont le projet de loi doit arriver au Parlement « certainement au mois de février », et qui vise à remettre la gestion de la santé « au niveau des départements », a également occupé les échanges. Tout comme la réforme de la représentativité syndicale des professionnels de santé, qui ne sera plus fondée sur les élections aux URPS, mais sur un scrutin départemental par sigle syndical. Celle-ci doit être actée l’année prochaine, mais aucune échéance n’est précisée à ce stade.

Fin de vie

Par ailleurs, Philippe Besset a tenu à « insister sur deux points majeurs ». Le premier concerne le projet de loi sur la fin de vie. « Avec l’ensemble des parties prenantes de la pharmacie (hospitaliers et officinaux), nous nous opposons au circuit proposé pour le médicament que nous ne considérons pas, d’ailleurs, comme un médicament, mais comme une spécialité à statut de substance létale. Celle-ci ne doit pas être une préparation magistrale comme le prévoit le projet de loi, mais un produit industriel sécurisé par la chaîne pharmaceutique. » Sur ce point, la FSPF a pris rendez-vous avec la Direction générale de la santé pour expliquer ce positionnement.

Délivrance d’antalgiques

Quant au second sujet majeur, Philippe Besset a souhaité revenir longuement sur le décret à venir dont l’objectif est de limiter chaque dispensation d’antalgiques de palier I à deux boîtes. « Avec notre partenaire Iqvia, nous avons pu étudier le suivi longitudinal des patients, et il s’avère que plus de 600 000 Français se voient délivrer plus de 10 boîtes de paracétamol par mois parce qu’ils ont des douleurs chroniques. » À ses yeux, il est « absolument impossible » de mettre en place cette limitation de délivrance en demandant « à 600 000 personnes de venir chercher leur médicament deux boîtes par deux boîtes ». Pour Philippe Besset, cela revient « à nier la douleur de ces patients en leur imposant un circuit qui n’est pas adapté à leur pathologie ». La FSPF prévoit d’écrire à la DGS sur ce point et de communiquer sur la problématique avec les associations de patients.

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