Retrait pur et simple ou, a minima, suspension de l’arrêté fixant les nouveaux de taux des remises sur les génériques, biosimilaires et hybrides le temps de réfléchir à un nouveau modèle économique pour le réseau officinal. C’est, à quelques jours du vote de confiance sollicité par le Premier ministre, la ligne tenue par la FSPF et l’Uspo qui estiment de concert que « le temps de la négociation est passé » et que la révision des paramètres n’est désormais plus de mise. Une position que les deux organisations ont signifié à Catherine Vautrin et Yannick Neuder lors d’une réunion le mercredi 3 septembre dernier.
Main tendue
Comme l’a exposé le président de la FSPF dans son Live hebdomadaire, la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités a d’abord réaffirmé son attachement au maillage officinal en envisageant « une pharmacie plus impliquée dans la prévention et le contrôle de la pertinence des traitements ». A priori désireux de trouver un terrain d’entente pour sortir au plus vite de la crise actuelle, Catherine Vautrin et Yannick Neuder étaient disposés à « faire un geste » concernant l’arrêté qui a mis le feu aux poudres. Ils ont ainsi proposé de présenter à Bercy et Matignon une révision du taux maximal de remise sur les génériques en vigueur depuis le 1er septembre en le faisant passer de 30 à 33, voire 34 %, et de supprimer l’alignement sur un taux de 20 % prévu pour 2026.
Dissonance gouvernementale
Ce gage de bonne volonté a été reçu comme tel par les syndicats, mais ces derniers ont estimé qu’il était désormais trop tard pour s’entendre sur de nouveaux pourcentages. La seule option désormais envisageable pour eux est donc l’abrogation ou la suspension de ce texte. L’objectif est double : éviter que de nombreuses officines en difficulté économique sombrent définitivement et se donner de l’air afin de pouvoir mettre en chantier le modèle de la pharmacie de demain dans un contexte plus serein. Une perspective inenvisageable pour l’heure puisque les conclusions de la réunion avec le cabinet de François Bayrou, qui s’est tenue le lendemain (jeudi 4 septembre), ont clairement montré que le chef de gouvernement n’est pas sur la même ligne que ses ministres de la Santé. La lutte va donc continuer, mais sur d’autres terrains.
