Réenchanter le métier
Ainsi, le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder, en déplacement la veille dans les Landes et en Haute-Garonne, a décidé de faire un crochet dans l’Aude toute proche mardi matin, jusqu’à la pharmacie limouxine de Philippe Besset, président de la FSPF. Mercredi, les deux syndicats de titulaires se rendaient avenue de Ségur pour rencontrer les deux ministres, Catherine Vautrin et Yannick Neuder, qui ont promis de transmettre leurs revendications à Matignon… où les représentants officinaux étaient donc reçus jeudi après-midi. « Le directeur de cabinet du Premier ministre m’a demandé ce que voulaient les pharmaciens, raconte Philippe Besset lors de son live hebdomadaire. Ce qui est bizarre puisque c’est lui qui nous convoquait, nous nous attendions donc à ce qu’il nous annonce quelque chose. » La réponse syndicale ne s’est pas fait attendre : « Nous avons un projet stratégique pour la profession avec le pharmacien qui s’implique dans les territoires en étant la porte d’entrée vers la santé pour les Français, qui s’occupe de prévention, d’orientation et de pertinence des soins. Pour cela, nous avons besoin d’un plan, sous l’impulsion de l’État, de façon à avoir des perspectives à moyen et long termes pour réenchanter le métier. »
Vision d’avenir
En toute logique, pour réaliser ce projet, il est nécessaire de suspendre, voire d’abroger, l’arrêté sur les remises du 4 août dernier, entré en vigueur au 1er septembre. « Dans notre vision d’avenir ne figure pas, a priori, le fait de négocier le prix des médicaments, notre stratégie est tournée vers la santé, la prévention et le parcours de soins. Cela dit, nous voulons bien aussi gérer les appels d’offres des médicaments, auquel cas il faut que le modèle économique nous le permette et qu’il soit attractif pour les professionnels partout où ils exercent. Ce qui passe par un renversement de la temporalité, c’est-à-dire en faisant d’abord l’étude stratégique de la pharmacie pour savoir ce qu’il faut mettre en place, et ensuite, en prenant une décision. » De son côté, le directeur de cabinet n’a cessé de répéter qu’il était ouvert à la négociation, mais sans avancer de propositions concrètes, note le président de la FSPF. Et surtout, en ne répondant pas à la demande de retrait ou de suspension de « l’arrêté remises ». En outre, ajoute Philippe Besset, « le temps n’est plus à la négociation », à trois jours du vote de confiance annoncé par le Premier ministre : « Qu’ils transmettent les dossiers à leurs successeurs et nous verrons avec les prochaines équipes… La seule chose qu’ils peuvent encore faire d’ici à dimanche, c’est de suspendre cet arrêté remises. » Un revirement peu probable. Dans l’attente, la profession se prépare à une mobilisation massive dans tous les départements français le jeudi 18 septembre.
