N°1379
Avril 2026

Un cessez-le-feu pour rénover le modèle économique

Le plafond des remises génériques revient à 40 % dès le 1er octobre prochain pour une durée minimale de trois mois. Un « cessez-le-feu » que la profession et les services de l’État doivent mettre à profit pour rénover le modèle économique du réseau et arrêter l’hémorragie des fermetures d’officines.

© adobestock_Sergey Nivens
par Mélanie Mazière
Le 26 septembre 2025

Exténués, mais partiellement soulagés. Vent debout depuis l’annonce du Comité économique des produits de santé (CEPS), le 20 juin dernier, de revoir à la baisse le plafond des remises génériques à l’occasion de la fixation de celui des remises hybrides et biosimilaires, les pharmaciens et leurs représentants syndicaux n’ont pas désarmé de l’été. Face à l’impasse Bayrou, l’arrivée de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre est vécue comme un soulagement, confirmé ce mercredi 24 septembre. Convoqués à 18 heures en compagnie de Carine Wolf-Thal, présidente de l’Ordre national des pharmaciens, les présidents des deux syndicats représentatifs des titulaires sont ressortis de l’Hôtel Matignon avec une excellente nouvelle.

Une victoire d’étape

Rappelant que l’arrêté du 4 août était « le coup de grâce » pour un réseau officinal fragilisé qui perd plus de 300 pharmacies par an, Philippe Besset s’est réjoui de la « méthode rénovée » mise en place par le Premier ministre et du protocole d’accord proposé, incluant la suspension partielle des effets de « l’arrêté scélérat » au 1er octobre. Une « victoire d’étape » et « un début de cessez-le-feu », analyse le président de la FSPF. Un nouvel arrêté doit paraître d’ici à quelques jours pour revenir à un plafond de remises génériques à 40 %, un taux qui sera étendu aux remises hybrides. Seul le plafond des remises biosimilaires issu de l’arrêté du 4 août, à 15 %, est conservé. Ce nouvel arrêté aura une durée minimale de trois mois, laps de temps qui sera dévolu à un travail de rénovation du modèle économique de l’officine. « Cela ne veut pas dire, qu’au bout des trois mois, nous allons modifier le taux de 40 %, a-t-il tenu à préciser lors de son Live hebdomadaire. D’une part, nous en déciderons ensemble, d’autre part, il est probable que ces trois mois ne soient pas suffisants et qu’une prolongation soit nécessaire jusqu’à ce que nous nous mettions d’accord sur les modalités d’avenir pour le réseau officinal. »

Une mobilisation positive

Une chose est sûre, ajoute Philippe Besset, la mobilisation des pharmaciens qui ont su montrer un front uni depuis fin juin a eu un impact positif, tant sur l’opinion publique que sur la représentation nationale. Un état de fait que le Premier ministre n’a pas manqué de souligner. « Nous avons eu les soutiens de tous les groupes politiques à l’Assemblée nationale, je crois qu’il n’y a plus un seul député favorable à l’arrêté du 4 août », note le président de la FSPF. Par ailleurs, Sébastien Lecornu veut s’appuyer sur les pharmaciens dans le cadre du réseau France santé. « Un peu partout, il y a des débuts de solutions, grâce à une maison de santé, un centre de santé, parfois un cabinet libéral. Ou encore, une pharmacie seule sur son territoire : c’est le cas dans un peu moins de 1 000 communes en France. Dans ces zones-là, le Premier ministre compte sur nous pour être la maille autour de laquelle construire l’offre de soins. » Cela explique le lancement d’une enquête menée par l’Igas sur « l’état économique du réseau et de la distribution du médicament » qui devra déboucher sur des mesures « pour soutenir et maintenir les officines dans un modèle économique rénové ». Pour Philippe Besset, ces travaux se traduiront soit par un nouveau texte conventionnel, soit par des propositions réglementaires. Mais pour qu’ils puissent véritablement commencer, la nomination d’un nouveau gouvernement est nécessaire, en particulier d’un ministre de la Santé.

L’arme au pied

Si les trois représentants de la profession affichent une certaine confiance en la personne de Sébastien Lecornu, ils sont néanmoins conscients de la fragilité du poste de Premier ministre dans le contexte actuel. « Dans le cas où il serait amené à devoir quitter ses fonctions avant l’aboutissement des travaux sur le modèle économique, il faudra qu’il proroge le nouvel arrêté sur les plafonds de remises pour nous permettre de continuer à travailler », remarque le président de la FSPF. À la suite de cette rencontre constructive et de l’obtention du retour à 40 % du plafond des remises génériques pour au moins trois mois, la FSPF appelle les confrères à mettre la mobilisation en pause durant ce laps de temps. « C’est un cessez-le feu, donc on arrête les mouvements de grève. Mais ce n’est pas encore la paix donc je reste l’arme au pied. Si jamais, en janvier prochain, cela ne se passe pas bien, nous reprendrons la mobilisation. » Autrement dit, la profession doit se tenir prête à toute éventualité et rester « unie jusqu’à la victoire finale ».

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