La coupe est déjà pleine avec l’arrêté de baisse des plafonds de la marge sur les génériques quand, le 18 septembre dernier, les syndicats d’officinaux, industriels et répartiteurs apprennent qu’une fournée importante de baisses de prix et de tarifs forfaitaires de responsabilité (TFR) des génériques a été actée par le Comité économique des produits de santé (CEPS).
Qualifiée alors de « nouvelle trahison pour le réseau » par le président de la FSPF au sortir de la réunion du comité de suivi des génériques, cette décision sans appel concerne 52 groupes de molécules. Le retentissement financier pour le réseau officinal, déjà exsangue et en lutte pour sa survie, est évalué à 167 millions d’euros de baisse du CAHT, associés à une perte de marge de 78 millions d’euros annuels. Outre ce nouveau coup de rabot géant sur les revenus des pharmacies, la double menace du retrait pur et simple de certains génériques du marché français par des laboratoires, jugeant la rentabilité trop faible ou nulle, et le risque d’augmentation des ruptures renforcent encore la colère des officinaux.
Machine arrière
Au Journal officiel (JO) du 25 septembre dernier, une première salve entérine l’abaissement du TFR de 33 groupes génériques à compter du 1er octobre dans des proportions allant de 7 à 23 %. Le 30 septembre, ce sont cinq avis de baisses de prix concernant des princeps et des génériques (alignement sur le TFR) qui sont à leur tour publiés.
Mais cette dynamique finit par s’enrayer quand, prenant la suite à Matignon d’un François Bayrou renversé par la défiance de l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu accepte de recevoir les syndicats représentatifs de la profession et s’engage à geler la baisse des plafonds de marge pour au moins trois mois. Démissionnaire à son tour, il n’oublie pas pour autant sa promesse puisque l’arrêté la propulsant dans le champ légal est publié au JO du 7 octobre. Dans la foulée, les génériqueurs et les syndicats d’officinaux réclament une suspension des baisses de prix sur les génériques qu’ils vont finir par obtenir.
Le 14 octobre, une décision et un avis du CEPS publiés au JO suppriment respectivement les baisses de TFR précédentes et annulent les baisses de prix entrées en vigueur au début du mois. C’est d’ailleurs la décision concernant les TFR qui a occasionné de nombreux bugs informatiques relevés par les confrères sur leur LGO et dont s’est fait l’écho Philippe Besset lors de son Live hebdomadaire.
Partie remise
Le président de la FSPF résume en quelques mot ce qu’il faut retenir de cette séquence : « Il n’y a, à l’heure actuelle, ni baisse de prix ni baisse des TFR. » Pour autant, il prévient qu’elles « restent dans les tuyaux » et que « le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 en comporte de nombreuses ». Pour lui, il est donc « assez certain que nous ayons des baisses de prix sur les génériques dans les temps à venir ». Ce qui est également certain, c’est que la FSPF « continuera à se battre contre ces baisses et leur impact sur les officines tant que nous aurons un modèle qui corrèle aux prix notre rémunération que nous ne pouvons absolument pas nous permettre de voir encore diminuer ».
