La question de l’accès aux études de santé est l’un de ces dossiers au long cours que les ministres de la Santé successifs se transmettent, tant leur complexité s’accommode mal de la valse des maroquins et des interruptions d’activité législative.
Depuis 2019 et la fin de la première année commune aux études de santé (Paces), le mode de sélection des lycéens souhaitant devenir soignants a évolué sans jamais satisfaire les différentes parties prenantes. Le système actuel – qui fait cohabiter le dispositif Parcours d’accès spécifique santé, avec majeure santé et mineure disciplinaire (Pass) et la licence accès santé, avec majeure disciplinaire et mineure santé (LAS) – est largement critiqué, notamment « pour l’hétérogénéité de son déploiement et l’illisibilité de l’offre existante », comme l’a résumé, dans un communiqué, le Sénat.
Les travaux pour le réformer sont actuellement en cours et c’est dans ce cadre qu’une proposition de loi (PPL) portée par Corinne Imbert, sénatrice LR de Charente-Maritime et pharmacienne, a été adoptée en première lecture le 20 octobre dernier.
Expérimentation pour pharma
Le texte de cette PPL s’attache à « refondre le dispositif Pass-LAS en une voie unique d’accès, mieux encadrée au niveau national pour éviter les disparités entre les facultés ». Il prévoit notamment que la première année soit proposée dans chaque département afin de « favoriser la diversification géographique du recrutement ».
L’un de ses articles intéresse particulièrement la filière pharmacie puisqu’il prévoit l’expérimentation d’un accès direct à ces études « dans la limite d’un tiers des capacités d’accueil de chaque université ». Un tel dispositif était souhaité par les doyens et les représentants de la profession, tandis que les étudiants, par la voix de l’Anepf, avaient indiqué leurs craintes qu’il « entraîne une mise à l’écart de la profession ».
Par ailleurs, cette PPL crée le statut de maître de stage des universités en pharmacie, une étape réglementaire attendue de longue date car nécessaire à la mise en place du diplôme d’études spécialisées (DES) dont la réforme patine également.
Objectif 2027
C’est dans ce contexte que Stéphanie Rist, ministre de la Santé, et Philippe Baptiste, son homologue à l’Enseignement supérieur, ont annoncé le lancement d’une « concertation nationale visant à simplifier et harmoniser l’accès aux études de santé ». Ils s’engagent à diminuer la diversité des modes d’organisation des parcours – ce qui en améliorera la lisibilité – tout en garantissant une plus grande équité entre tous les étudiants.
Mais pas de miracle : la mise en place de cette réforme est annoncée pour, au plus tard, la rentrée 2027 ; une déception pour ceux qui comptaient sur elle afin que toutes les places en filière pharmacie soient attribuées dès septembre 2026.
