N°1378
Mars 2026

ChatGPT décèle les urgences médicales : info ou intox ?

L’intelligence artificielle est fréquemment utilisée par le grand public pour des conseils santé. Leurre ou bonne idée ?

L’intelligence artificielle, agent de triage efficace ?
© adobestock_Rosianna
par Alexandra Chopard
Le 17 avril 2026

Plus de 230 millions de personnes interrogent chaque semaine ChatGPT à propos de leur état de santé, selon la société qui a créé cet agent conversationnel, OpenAI. C’est pourquoi cette dernière, se disant soucieuse d’apporter à ses utilisateurs une solution encore plus aboutie, a mis à disposition, en janvier 2026, une version baptisée ChatGPT Health (signifiant santé). Elle demeure actuellement inaccessible en France. Dans le cadre d’une étude parue en février 2026 dans la revue Nature Medicine, des chercheurs de l’Icahn School of Medicine du Mount Sinai (New York) l’ont testée. L’auteur principal de l’étude, le Dr Ashwin Ramaswamy, explique sa démarche : « Nous voulions répondre à la question de sécurité la plus fondamentale : si quelqu’un a une véritable urgence médicale […], ChatGPT Health lui dira-t-il de consulter immédiatement ? »

Décalage

L’équipe a soumis à l’IA 60 scénarios réalistes allant de problématiques légères à des situations avec risque vital engagé, en faisant varier des paramètres tels que le sexe, l’âge, l’avis des proches du patient fictif… pour atteindre 960 cas cliniques différents. Les réponses du bot ont été analysées par des médecins. Résultat : dans 52 % des situations nécessitant le recours immédiat à un service d’urgences (acidocétose diabétique, aggravation d’un asthme…), ChatGPT a conseillé de patienter 24 à 48 h avant de consulter. Citée par le journal britannique The Guardian, Alex Ruani, chercheuse en désinformation médicale à l’University College London, a qualifié ces résultats d’« incroyablement dangereux », pointant le faux sentiment de sécurité qu’ils procurent. Par ailleurs, toujours selon cette étude, 64,8 % des patients fictifs présentant un état sans gravité se sont vu conseiller par l’IA de consulter au plus vite. De quoi encombrer inutilement les services hospitaliers et altérer, par ricochet, la qualité de la prise en charge des malades ayant réellement besoin de soins.

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