L’article 10 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 a déjà suscité la réaction indignée des représentants de groupements. En cause, l’instauration d’une contribution de 15 % sur une partie des sommes perçues des laboratoires que ces derniers devront retenir à la source et que Federgy et l’Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO) dénoncent de concert. Ils préviennent même que l’intégralité de cette ponction sera répercutée sur les officines, dans une sorte de jeu à somme nulle pour ces dernières. Revenant sur cet article dans son Live hebdomadaire, Fabrice Camaioni, le président de la FSPF, rappelle qu’il est issu du rapport Igas/IGF paru en mai dernier et qu’il instaure un statut juridique pour les groupements qui permettra, entre autres, « de régler ce manque de transparence que nous avons pointé et qui fait défaut, particulièrement sur la captation de la valeur qui concerne notamment les médicaments génériques ». Concernant la taxe de 15 %, Fabrice Camaioni estime que « c’est le seul moyen qu’a trouvé le législateur pour récupérer une partie des flux financiers dirigés vers les groupements et qui ne redescendent pas toujours vers les pharmacies d’officine ». Estimant que la distinction mise en avant entre les groupements coopératifs et les autres, qui seraient moins vertueux, n’est peut-être pas la bonne, il pense, en revanche, qu’il est « urgent qu’une partie de ces flux soient récupérée pour la pharmacie d’officine puisque nous avons entamé les discussions autour du modèle de la rémunération et qu’il va falloir pour cela mettre des sous sur la table ». À condition que « ces 15 % soient fléchés à l’euro près vers les officines » et ne tombent pas dans une autre escarcelle.
Le retour de la fausse bonne idée
Vis-à-vis de l’article 28 du PLFSS, qui prévoit la dispensation à l’unité (DAU) pour un certain nombre d’antibiotiques dont la liste n’est d’ailleurs pas encore connue, le président de la FSPF rappelle que la position du syndicat n’a pas bougé d’un iota sur cette question : « C’est une fausse bonne idée comme nous l’avons toujours dit et répété. L’adaptation des conditionnements et la prescription dans le cadre des recommandations semblent plus utiles. » Il expose par ailleurs que « charger le pharmacien de ce surcroît de travail n’apporte aucune plus-value et coûte du temps et de l’argent, [tout en étant] écologiquement mal pensé ». La nouveauté en la matière est que la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a retiré cet article 28 pour le remplacer par un amendement qui généralise la DAU dès lors que le conditionnement n’est pas adapté. Pour Fabrice Camaioni, qui rappelle que ces cas existent bel et bien mais « ne sont pas si nombreux », cette généralisation potentielle n’est pas acceptable. La FSPF a donc immédiatement envoyé un courrier à tous les députés, leur enjoignant de rejeter cet amendement lors de son vote en séance plénière. Dans son argumentaire, le syndicat fait notamment référence au récent rapport de la Cour des comptes sur ce dispositif qui l’estime efficace uniquement dans certains cas de figure très précis, eu égard « au coût de sa mise en œuvre en officine et de son mode de tarification ».
