Alors que les équipes officinales sont dans les starting-blocks pour le 13 octobre, premier jour de la campagne d’immunisation contre la grippe et la Covid-19, la FSPF pointe, par la voix de son président s’exprimant lors du Live hebdomadaire, la persistance de deux questionnements majeurs.
Matériel d’injection
Concernant les difficultés d’approvisionnement en seringues et aiguilles nécessaires à l’administration du vaccin anti-Covid, Fabrice Camaioni s’indigne : « Il est incroyable qu’il y ait des ruptures et incroyable que Santé publique France ne fournisse plus » ces dispositifs. Saisie par la FSPF, la Direction générale de la Santé (DGS) a admis, dans un courrier adressé aux syndicats de pharmaciens, des tensions sur le marché, tout en assurant que « les difficultés constatées apparaissent principalement liées à une concentration des commandes sur une période courte et à des ajustements logistiques de début de campagne ».
Selon le président du syndicat, l’organisme ministériel aurait demandé aux grossistes d’élargir leurs approvisionnements pour que les pharmaciens puissent se procurer rapidement le matériel dont ils ont besoin. Une initiative bienvenue, mais qui se fait dans l’urgence, laissant la FSPF dubitative. Un sentiment dont Fabrice Camaioni s’est d’ailleurs ouvert auprès de l’AFP et qui a été relayé dans de nombreux médias : « Aujourd’hui, bon nombre de pharmaciens ne disposent pas de seringues montées pour pouvoir prélever et injecter le vaccin. Si les grossistes ne sont pas capables de nous fournir une marque référencée qu’ils n’ont pas en stock […], on se retrouve avec un vaccin sur les bras et pas de possibilité de l’injecter. »
Gestion de stock
À propos, cette fois, de la possibilité pour les médecins, infirmiers, sages-femmes et centres de santé de disposer de leur propre stock de vaccins, il apparaît que cette minirévolution pourrait être effective dans les jours à venir « alors qu’elle était initialement prévue pour 2027 », rappelle le président de la FSPF. Lors d’un point presse, le jeudi 8 octobre, relaté par APMnews, le directeur de la DGS a annoncé qu’« il n’y aura pas de schéma logistique complexe, [ses services croyant] en la proximité ». Les autorités misent sur la délivrance des vaccins par les officinaux aux autres professionnels de santé sur le modèle des commandes de médicaments pour usage professionnel. D’après les déclarations de Grégory Emery, les textes réglementaires qui manquent encore à l’appel, définissant les conditions de stockage réfrigéré dans les cabinets, sont attendus tout prochainement.
Et c’est 1 million de doses de vaccin contre la grippe supplémentaires qui seront disponibles cette année par rapport à l’an dernier, soit 15 millions de doses au total. Une précision visant à rassurer les observateurs qui s’inquièteraient des risques de cette nouvelle pratique sur la gestion des volumes et sa ventilation entre professionnels ? Dont acte pour Fabrice Camaioni, qui alerte pourtant : « Nous avons rappelé à la Direction de la Sécurité sociale que les pharmaciens avaient effectué leur commande de vaccin contre la grippe en début d’année. » Il risque « d’y avoir des grincements de dents car les volumes ont été ajustés au plus près de leurs besoins », à une période où il n’était pas prévu que ces derniers fournissent du stock aux autres effecteurs.
