Le principe de la création d’un réseau France Santé, voulu par le Premier ministre pour améliorer l’offre de soin de proximité, a été voté par les députés dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Et, ainsi que l’a indiqué le président de la FSPF lors de son Live hebdomadaire, l’amendement correspondant « comporte trois points majeurs – positifs pour les patients comme les pharmaciens – mais également un élément inacceptable ».
Officines labellisées
En effet, l’article, qui est donc en examen devant le Sénat avant de revenir à l’Assemblée nationale, précise que des pharmacies pourront entrer dans le réseau France Santé en devenant coordinatrices de ce dernier dans des communes ne disposant pas de cabinet, maison médicale ou centre de santé. « Cela concerne environ 1 000 villages », précise Philippe Besset. Une fois labellisées, ces officines bénéficieraient d’un investissement annuel de 50 000 euros pour maintenir et développer l’accès aux soins. « Il s’agit d’un élément majeur dans l’attractivité des villages et des pharmacies : c’est un nouveau travail qui va être rémunéré », décrit le président de la FSPF, qui se dit « très favorable » à ce dispositif.
Halte au zonage
Autre point majeur figurant dans l’amendement et très bien accueilli par la profession : l’extension de l’aide conventionnelle de 20 000 euros à toutes les officines seules dans leur commune – et non plus seulement celles respectant des conditions de zonage dont la FSPF avait dénoncé le danger. S’il est adopté, cet article permettra à plus de 1 000 officines, actuellement en difficulté, d’être soutenues conformément à l’esprit des négociations conventionnelles.
Liste positive d’actes
Le texte provisoire se propose également de modifier le Code de la santé publique en créant une liste positive des actes autorisés en pharmacie dans le cadre de l’orientation et de la prise en charge des patients. Celle des angines ou des cystites y figurerait, tout comme la vaccination, mais aussi de nouveaux actes tels que proposés dans le cadre de l’expérimentation Osys, voire d’autres « en fonction de ce que pourra imaginer la Haute Autorité de santé ou de ce que les patients pourraient souhaiter ».
Modalités à négocier
Cependant, « le gouvernement confond vitesse et précipitation quand il estime qu’il faut [mettre en œuvre ces nouvelles dispositions] par arrêté ministériel », estime Philippe Besset, appelant à « laisser sa place au dialogue conventionnel ». Son syndicat plaide d’ores et déjà pour que la méthode, largement éprouvée, de la négociation avec l’Assurance maladie soit finalement préférée.
