N°1375
Décembre 2025

Des priorités pour simplifier le quotidien

Des 100 propositions identifiées par le livre blanc pour faciliter le quotidien administratif des pharmaciens, 15 mesures principales ont été extraites par la FSPF Rhône-Alpes, dont 3 érigées en priorités absolues.

© adobestock_Svetolk
par Claire Frangi
Le 09 janvier 2026

Les travaux relatifs à la simplification administrative se poursuivent. Initiés par Antonin Bernard, coprésident de la fédération des syndicats pharmaceutiques de la région Rhône-Alpes, ces travaux ont été dans un premier temps formalisés dans un livre blanc*, répertoriant 100 mesures issues de remontées du terrain, qui permettraient de décomplexifier la vie administrative des pharmaciens. Ce livre blanc a été présenté à la FSPF lors de son assemblée générale des 25 et 26 mars dernier, puis transmis au cabinet de l’ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder, et enfin remis à Thomas Fatôme, le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) lors du Congrès des pharmaciens qui s’est tenu à Lyon les 11 et 12 octobre derniers.
À partir des 100 propositions du libre blanc, la fédération des syndicats pharmaceutiques de la région Rhône-Alpes a sélectionné 15 mesures phares. Accompagnée de plusieurs autres syndicats départementaux et régionaux, la FSPF Rhône-Alpes a ensuite interrogé ses adhérents, entre octobre et décembre 2025, sur la priorité qu’ils accorderaient à ces 15 mesures. Elle a ainsi recueilli 137 réponses complètes, qui ont été analysées selon deux critères (le pourcentage de pharmaciens qui classent une mesure comme ultra prioritaire, et une moyenne de priorité attribuée par les pharmaciens pour chaque mesure). L’ensemble de ces éléments a donné lieu à un rapport intitulé La simplification, c’est maintenant : classement des 15 mesures de simplification prioritaires. Car les auteurs de ce rapport en sont conscients, « les 100 mesures proposées par nos adhérents ne pourront pas toutes être mises en œuvre dans l’immédiat et notre travail de syndicalisme devra donc porter en priorité sur quelques-unes d’entre elles », indiquent-ils dans leurs conclusions.

Top 3 des mesures prioritaires

Trois mesures ressortent comme incontestablement « ultra prioritaires ». En premier lieu, il s’agit (à 78 %, avec une note de 4,68 sur 5) de la procédure de vérification de la véracité de l’ordonnance dès que le médicament fait partie des produits chers (plus de 300 euros), et de l’appel au prescripteur qu’elle implique, souvent impossible. Face à cela, les pharmaciens demandent de toute urgence la mise en place de la e-prescription chez tous les prescripteurs, et de « faire reposer la faute des falsifications d’ordonnance, non sur les pharmaciens, mais sur l’administration qui n’a pas su (voulu) mettre de moyens de sécurisation à la hauteur des évolutions technologiques de la société et ce, depuis plusieurs décennies ».
Au deuxième rang de ces ultra-priorités figure ensuite (à 61 %, avec une moyenne de 4,5 sur 5) le traitement des factures d’accident du travail, encore effectué à partir d’une version papier par certaines caisses d’assurance maladie, entraînant des allongements des délais de règlements, voire la perte de dossiers. Les pharmaciens demandent donc que la télétransmission prévale. Vient enfin, en troisième ultra-priorité, l’obligation de vérification des formulaires émanant des prescripteurs qui prouvent l’indication remboursable pour les analogues du GLP-1. Là encore, les officinaux mettent en avant une revendication récurrente : généraliser la e-prescription.

Trois autres niveaux de priorité

Le rapport liste ensuite des mesures à priorité forte, très attendues, mais légèrement moins consensuelles, telles que : permettre aux pharmaciens d’effectuer des modifications d’ordonnances mineures ; rendre obligatoire les e-prescriptions dans le cas des téléconsultations ; mettre en place un système de contrôle des dispensations des dispositifs médicaux ; délivrer des cartes Vitale temporaires aux patients bénéficiant de l’Aide médicale de l’État (AME) ; supprimer les prescripteurs fictifs dans le cas de la pilule du lendemain ou de vaccins prescrits par le pharmacien. Viennent encore dans le rapport des mesures à priorité intermédiaire, qualifiées de « sujets importants, mais moins brûlants pour le terrain », et des mesures moins prioritaires, « à garder en tête dans un second temps ».
S’appuyant sur l’ensemble de ces éléments, les auteurs du rapport soulignent que « dans le contexte actuel de marasme économique et de faible attractivité de notre métier pour les étudiants, beaucoup de pharmacies se retrouvent en effectif réduit, voire insuffisant ». Ils appellent donc à « simplifier drastiquement les contraintes administratives qui pèsent sur nos équipes afin de leur redonner le temps de prendre soin de leurs patients », estimant que « ce travail d’enquête ne devrait pas rester au fond d’un tiroir, mais servir de base pour sensibiliser les élus de la Nation et l’ensemble des instances et administrations qui entourent notre profession ».

* Livre blanc pour la simplification du métier de pharmacien
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