Le marché des laits infantiles a aujourd’hui atteint une vitesse de croisière. Depuis deux ans, il gravite autour de 9 millions de boîtes vendues à l’officine (– 0,54 % de juillet 2015 à juillet 2016 et – 0,15 % sur les douze mois précédents), soit une moyenne cette année de plus de 400 boîtes par pharmacie et d’un chiffre d’affaires de 133,2 millions d’euros (près de 6 000 euros par pharmacie). Une tendance satisfaisante au vu de la baisse de la natalité, – 2,3 % depuis 2014.
Deux laboratoires se partagent près de la moitié du marché : d’abord Blédina, marque centenaire détentrice des gammes Gallia et Blédilait, qui représente près de 30 % des laits vendus en pharmacie, puis Menarini, dont les produits Novalac représentent près d’une vente sur quatre. Ces deux fabricants se partagent également le top 5 des produits les plus vendus, dominé par Gallia Calisma 1 Pronutra+, suivi de Novalac AR Digest 1er âge, Novalac 3, Gallia Croissance et Novalac 2. Pour autant, si le chiffre d’affaires de Menarini s’est tassé de 1,82 % par rapport à 2015, celui de Blédina a subi une diminution de 17 % en 2016, après une baisse déjà significative l’année précédente. Dans le détail, Blédilait bénéficie en réalité d’une belle croissance depuis son entrée à l’officine, mais Gallia voit ses ventes régresser, en particulier Calisma Relais (1er âge et 2e âge, 900 g) et Bébé expert AR (1er âge et 2e âge, 900 g).
Sur le reste du rayon laits infantiles figurent tout de même en bonne place Lactalis Nutrition Santé, dont la gamme Picot représente globalement 17,8 % de parts de marché en valeur, puis Guigoz, qui pèse 12,7 %. À lui seul, Picot AR 1er âge jouit d’une bonne dynamique : avec près de 38 % de croissance et un chiffre d’affaires de 4,2 millions d’euros l’an dernier, le produit s’est même hissé à la 8e place des ventes deux ans après son lancement.
Pleine croissance
Le marché a pour spécificité d’être très diversifié, comptant près de 200 formulations, réparties entre alimentation standard ou spécifique, problèmes de régurgitations, de constipation, de risque allergique… C’est encore plus vrai parmi les laits 1er âge, qui représentent près de la moitié du volume (47 %) et plus de la moitié du chiffre d’affaires (53 %) du marché global. C’est cependant le segment le moins porteur des laits infantiles, avec un profil atone. C’est plutôt du côté des laits de croissance (ou 3e âge) qu’il faut chercher le potentiel le plus fort : installé plus récemment à l’officine, ce segment a bénéficié ces douze derniers mois, dans la lignée des années précédentes, d’une augmentation de 9,3 % de ses ventes. Et ce n’est peut-être pas fini : en juin dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) insistait sur l’importance des formulations infantiles, notamment celle des laits de croissance, par rapport au lait de vache et ce, jusqu’à l’âge de 3 ans. Il faudra scruter les chiffres des douze prochains mois afin d’évaluer dans quelle mesure cette recommandation aura renforcé la dynamique actuelle.
