« Nous allons modifier le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 avec une somme de 130 millions d’euros qui sera inscrite par un amendement du gouvernement » pour « déployer France Santé ». Voici ce qu’a annoncé Sébastien Lecornu lors d’un déplacement ce jeudi 30 octobre au pôle santé de Carentan (Manche) en compagnie de la ministre de la Santé Stéphanie Rist et de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.
Grâce à cette enveloppe, le Premier ministre souhaite mettre sur une rampe de lancement ces structures dont il avait annoncé la création le 13 septembre dernier à Mâcon. L’objectif est d’« offrir à chaque Français une solution de santé à moins de 30 minutes de chez lui et un rendez-vous médical sous 48 heures ».
Des critères simples à respecter
L’enveloppe globale permettra d’attribuer « un forfait de 50 000 euros » à chaque unité pour qu’elle se labellise en respectant « quelques critères ». Il faudra notamment que soit garantie la présence d’un médecin et d’un infirmier, que les consultations soient sans dépassement d’honoraires (en secteur 1), que la structure ouvre au moins cinq jours par semaine, qu’elle participe au service d’accès aux soins (SAS) en proposant des rendez-vous en moins de 48 heures et en contribuant à la permanence de soins via des gardes. Au sein de ces structures, les médecins pourront être libéraux, retraités ou salariés.
Des pharmacies concernées
« À chaque situation locale, il y aura une solution locale », a précisé le Premier ministre, affichant une logique pragmatique. « Parfois, des pharmacies constitueront la maison France Santé, parce que dans certains territoires ruraux, la pharmacie est la seule présence », a-t-il ajouté, évoquant également des « solutions mobiles, à l’image des médicobus ». Une solution évoquée par Sébastien Lecornu avec les syndicats de pharmaciens fin septembre et saluée par Philippe Besset, président de la FSPF : « Un peu partout, il y a des débuts de solutions, grâce à une maison de santé, un centre de santé, parfois un cabinet libéral. Ou encore, une pharmacie seule sur son territoire : c’est le cas dans un peu moins de 1 000 communes en France. Dans ces zones-là, le Premier ministre compte sur nous pour être la maille autour de laquelle construire l’offre de soins. »
Objectif 5 000
L’objectif du chef du gouvernement est « que cela aille vite ». Il souhaite ainsi que « d’ici à Noël, 10 à 15 maisons France Santé soient agréées par département » et qu’après cet amorçage, une montée en charge « rapide » ait lieu « pour atteindre les 2 000 maisons France Santé » d’ici à l’été 2026. Pour 2027, Matignon table sur un total de 5 000 structures en fonctionnement.