N°1379
Avril 2026

Franchises : le versement au comptoir est « absolument exclu »

Si la FSPF entend la nécessité d’un plan d’économies massif sur le budget de l’État, elle s’oppose au doublement du plafond des franchises et refuse le principe d’un versement directement au comptoir des pharmacies.

© adobestock_Franz Massard
par Mélanie Mazière
Le 18 juillet 2025

Les annonces du Premier ministre, François Bayrou, pour redresser les comptes de l’État grâce à un programme d’économies de près de 44 milliards d’euros dès l’année prochaine continuent de secouer le monde de la santé, sommé, à lui seul, de porter un effort de 5,5 milliards d’euros. Pour le président de la FSPF, Philippe Besset, « il est évident qu’il faut que nous trouvions des solutions à court et long terme pour désendetter la France et tenir les budgets ». Prenant en compte la hausse des dépenses de santé de 10 milliards d’euros en 2026 « si on ne fait rien », il juge certaines mesures nécessaires comme l’utilisation systématique du DMP par les prescripteurs « pour éviter la redondance des actes », la régulation des arrêts de travail, l’amélioration de la politique d’achat des hôpitaux, ou encore la garantie de la pertinence des médicaments pris en charge à 100 % pour les personnes en ALD.

Les patients pénalisés

En revanche, Philippe Besset fustige une mesure « qui ne faisait partie ni du rapport Charges et Produits ni de celui des Hauts Conseils », à savoir le doublement du plafond des franchises qui passerait de 50 à 100 euros. À ses yeux, il s’agit d’une mesure profondément injuste puisqu’elle pénalise les patients les plus malades. D’autant que le doublement du montant des franchises, intervenu en mars et juin 2024*, s’accompagnait d’une promesse gouvernementale de ne pas toucher au plafond annuel de 50 euros « afin de protéger celles et ceux affectés par une pathologie lourde, notamment les personnes atteintes d’une affection de longue durée ».

Pas de franchises au comptoir

S’ajoute à cela l’annonce par la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, que ces participations forfaitaires seront « réhaussées et versées directement au comptoir pour être plus visibles et ainsi aider chacun à mieux économiser ». Un non-sens pour Philippe Besset qui a déclaré lors de son Live hebdomadaire : « Il est absolument exclu que nous récupérions ces franchises au comptoir. » Non seulement la perception d’une taxe ne relève aucunement du rôle du pharmacien comme de tout professionnel de santé, mais, pour la FSPF, il est également hors de question que ce soit à l’officine de « faire les comptes pour savoir qui a atteint le plafond de 100 euros ou pas ». En cas d’obligation, le syndicat prévient que les pharmaciens refuseront l’application du tiers payant.

Tracts explicatifs

Le syndicat compte d’ailleurs faire connaître la mesure envisagée par le gouvernement aux patients par le biais de tracts. En effet, parmi les actions concertées avec les autres représentants de la profession pour protester contre l’abaissement du plafond des remises génériques, la grève des gardes se poursuit. Si les pharmaciens grévistes sont réquisitionnés, ils sont légalement tenus de s’y plier. En revanche, et cela en toute légalité, il est possible de ne pas pratiquer le tiers payant conventionné, ce à quoi les confrères sont invités à chaque fois qu’ils seront dans cette situation. Des tracts explicatifs leur seront fournis pour qu’ils puissent les remettre à leurs patients. Le but : détailler au grand public les raisons pour lesquelles le tiers payant n’est pas appliqué, à savoir la contestation concernant la baisse des remises et la protestation contre la récupération des franchises au comptoir. « C’est une action forte et impactante que je présenterai lundi [21 juillet, NDLR] sur France Info », ajoute Philippe Besset.
Dernière remarque de la FSPF : le Premier ministre n’a pas de majorité à l’Assemblée nationale pour porter son projet de désendettement, le risque est donc élevé que ce manque de légitimité lui coûte cher et qu’un nouveau gouvernement soit nommé au deuxième semestre.

* Les franchises sur les boîtes de médicaments et les actes paramédicaux sont alors passées à 1 euro, celles sur les transports médicaux à 4 euros et celles sur les actes et consultations médicales ainsi que les examens et analyses de biologie médicale à 2 euros.
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