N°1375
Décembre 2025

Des crevettes rendues moins allergènes : info ou intox ?

Si les crustacés sont très prisés des gourmets, ils sont aussi allergisants. Mais pourraient-ils l’être moins ?
© canva -Pexel - Amanda Martin
par Hélène Bry
Le 05 octobre 2023

Le sys­tème im­mu­ni­taire des in­di­vi­dus al­ler­giques aux crus­ta­cés a la mau­vaise idée de confondre cer­taines pro­téines de cette sous-classe des fruits de mer avec de dan­ge­reux in­trus. Dans les cas d’al­ler­gie mi­neure, la ré­ponse de l’or­ga­nisme se li­mite à un in­con­fort ou un gon­fle­ment. Mais dans les cas graves, la vie peut être mise en dan­ger par une simple cre­vette. Pour les al­ler­giques, es­pé­rer un jour dé­gus­ter une paëlla ma­ri­nera en toute quié­tude semble donc com­pro­mis.

Pas si sûr, du moins pour les fai­ble­ment al­ler­giques. Des cher­cheurs chi­nois de l’Uni­ver­sité po­ly­tech­nique de Da­lian, dans le golfe de Co­rée, ont eu l’idée de tes­ter – non sur des hu­mains mais sur des sou­ris sen­sibles aux crus­ta­cés – les ef­fets de l’in­ges­tion de mor­ceaux de cre­vettes sou­mis préa­la­ble­ment à dif­fé­rents modes de cuis­son. Leur but était de com­prendre com­ment les pro­téines al­ler­gi­santes pou­vaient éven­tuel­le­ment être mo­di­fiées au point de ne plus faire sur­réa­gir le sys­tème im­mu­ni­taire.

 

Re­plie­ment des pro­téines

L’équipe a pré­paré trois échan­tillons de cre­vette : cru, rôti et grillé puis traité par sté­ri­li­sa­tion à pres­sion in­verse, c’est-à-dire ex­posé à une pres­sion éle­vée et à la va­peur. Ré­sul­tats : les cre­vettes crues et les grillées ont pro­vo­qué des ré­ac­tions si­mi­laires, no­tam­ment une hausse des ni­veaux d’his­ta­mine et des dom­mages à la rate et aux pou­mons, sug­gé­rant que la tor­ré­fac­tion ne mo­di­fie que peu les pro­prié­tés de la pro­téine. En re­vanche, les sou­ris du troi­sième groupe ont pré­senté des ré­ac­tions plus lé­gères et moins de lé­sions au ni­veau des or­ganes.

L’ex­pli­ca­tion à ces ré­ponses im­mu­ni­taires dif­fé­rentes a été trou­vée : en scru­tant les pro­téines de plus près, les cher­cheurs ont ob­servé que la tor­ré­fac­tion avait in­duit un chan­ge­ment de leur forme mais que les an­ti­corps pou­vaient tou­jours s’y lier. Alors que la sté­ri­li­sa­tion à pres­sion in­verse avait « pro­vo­qué le re­grou­pe­ment des pro­téines, ca­chant les sites de liai­son », dé­taillent-ils.
Et de conclure : « Cela a em­pê­ché les an­ti­corps de s’ac­cro­cher et a ainsi évité une ré­ac­tion al­ler­gique grave. »

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