Réchauffement climatique et pollution atmosphérique ne font pas bon ménage avec notre corps, ni avec notre esprit. C’est en substance ce que révèle une enquête menée par l’Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB), qui a compilé les données de recours aux urgences de l’hôpital éponyme, situé à Créteil (Val-de-Marne) durant plus d’une dizaine d’années.
Décompensation
Lors des épisodes de vagues de chaleur comme notre pays en connaît de plus en plus fréquemment, les chercheurs ont observé une augmentation de 9,7 % des consultations aux urgences pour troubles psychiatriques ainsi qu’une hausse du taux de suicides. Selon Stéphane Jamain, responsable de l’équipe de neuropsychiatrie transactionnelle à l’IMRB, ces événements pourraient être liés à un manque de sommeil dû à la canicule qui, lui-même, entraînerait une exacerbation de l’irritabilité et de l’angoisse chez des personnes déjà fragilisées par une pathologie psychique. Une décompensation qui est également observée durant les pics de pollution et les semaines qui suivent, avec une nette progression de passages aux urgences motivés par des épisodes dépressifs, ou des manifestations liées à une schizophrénie ou à une bipolarité.
Particules ultrafines
Un des mécanismes avancés par les scientifiques pour expliquer cette relation entre la pollution et certaines pathologies mentales réside dans le franchissement de la barrière hémato-encéphalique par différents types de particules ultrafines. Émises par les véhicules thermiques, certaines industries ou encore issues des pesticides, elles provoqueraient une neuro-inflammation pouvant contribuer au déclenchement ou à l’exacerbation de ces maladies. Pour approfondir ces hypothèses, l’IMRB s’est doté d’un outil inédit : une chambre de simulation atmosphérique, capable de reproduire l’air parisien un jour de pollution, dans laquelle sont exposés des organoïdes cérébraux.
