N°1378
Mars 2026

Un collyre pour corriger la presbytie : info ou intox ?

Peut-on améliorer sa vision de près par instillation oculaire ?

Le Pharmacien de France
Effacer les effets de la presbytie en un clin d’œil.
© adobestock_Goodluz
par Benoît Thelliez
Le 26 septembre 2025

Une petite goutte dans chaque œil et adieu les indispensables lunettes pour lire son journal ou consulter ses SMS passé un certain âge. C’est en tout cas la promesse du laboratoire californien Lenz Therapeutics dont le collyre baptisé Vizz vient d’obtenir l’approbation de la FDA pour une mise sur le marché américain à la fin de cette année.

Augmenter la profondeur de champ

Vizz n’est pas le premier collyre destiné à corriger transitoirement la presbytie puisqu’il arrive après Vuity (Abbvie) et Qlosi (Allergan), tous deux commercialisés aux États-Unis, respectivement depuis 2021 et 2023. Mais si ces derniers sont formulés à base de pilocarpine, le produit de Lenz Therapeutics à base d’acéclidine promet une action plus sélective et entraînant moins d’effets indésirables que ses prédécesseurs. Quoi qu’il en soit, leur mode d’action est similaire : stimuler faiblement le muscle ciliaire pour contracter le sphincter de l’iris et provoquer ainsi un effet dit « sténopeïque ». Plus simplement, le diamètre de la pupille se réduit à moins de 2 mm après instillation du collyre, augmentant ainsi la profondeur de champ et améliorant la vision de près, mais sans provoquer pour autant de décalage myopique qui affecterait la vision de loin.

Pas de miracle

Les données issues des trois essais cliniques menés avec Vizz montrent une amélioration de la vision de près en l’espace de 30 minutes et pouvant durer jusqu’à 10 heures. Une aubaine pour les allergiques aux binocles, d’autant que les effets indésirables relevés sont bénins et transitoires. Encore faut-il préciser que tout le monde n’y sera pas forcément éligible, notamment en raison d’une physiologie et d’un dynamisme pupillaire différents selon les individus. Outre une tolérance au long cours de la surface oculaire qui reste inconnue, l’effet myotique (la contraction de la pupille) est une contre-indication à la conduite, surtout de nuit. Autant de facteurs qui promettent encore de beaux jours à nos lunettes.

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