Après des mois à attendre que le ministère de la Santé nous fasse enfin part de ses réflexions et orientations concernant les conclusions du rapport conjoint de l’Igas et de l’IGF, notre satisfaction de pouvoir enfin lancer les négociations est une nouvelle fois douchée par l’immobilisme de l’État. Les promesses des pouvoirs publics de nous réunir autour de la table pour travailler rapidement et efficacement sur des dossiers qui n’ont que trop tardé ne sont, pour l’heure, pas tenues et génèrent à nouveau un sentiment d’exaspération dans nos rangs. Nous le répétons, l’état financier du réseau nécessite que nous puissions avancer au plus vite sur l’élaboration d’un nouvel avenant à la convention, tout autant que sur la réforme de la rémunération officinale.
« Cette gestion à la petite semaine détruit le réseau officinal un peu plus chaque jour. »
En parallèle, les mauvaises nouvelles s’accumulent : le gouvernement vient d’annoncer une série de mesures, dont le doublement du plafond des franchises médicales que nous avions réussi à écarter une première fois, ainsi que des baisses sur les taux de remboursement de certains médicaments. En outre, la volonté affichée d’abaisser le prix du paracétamol, après celle de réduire le nombre de boîtes délivrables, s’inscrit à rebours du discours présidentiel sur le renforcement de la souveraineté nationale en matière de production de médicaments. Pour couronner le tout, le CEPS nous a annoncé, lors du dernier comité de suivi des génériques, de nouvelles économies tous azimuts sur de très nombreuses références. Sous couvert d’efforts à produire pour résorber le déficit de l’Assurance maladie, on continue donc de faire du médicament la variable d’ajustement budgétaire du système. Des efforts qui seront principalement supportés par les assurés sociaux qui, quoi que l’on en dise, renonceront davantage à des soins pourtant nécessaires. Des efforts également imposés aux pharmaciens, au moment où de nombreuses officines ferment et où beaucoup d’autres ne réussissent plus qu’à survivre.
Nous ne pouvons plus nous permettre cette gestion à la petite semaine, qui détruit le réseau officinal un peu plus chaque jour. Il existe déjà un frein important à l’accès aux praticiens dans nos territoires avec, notamment, 10 % de la population qui n’a pas de médecin traitant. Veut-on également créer un frein à l’accès aux médicaments ? Si la nécessité de faire des économies s’entend, encore faut-il que ces dernières ne viennent pas saper l’édifice qu’elles prétendent sauvegarder !