Que va donc contenir le PLFSS 2027 ? Les suppositions vont bon train depuis la présentation du traditionnel rapport Charges et Produits de l’Assurance maladie le 2 juillet dernier, et surtout depuis les mesures annoncées et réalisées par le gouvernement par voie réglementaire, contournant ainsi les débats parlementaires du PLFSS. Mais les premières pistes, présentées début juillet lors d’un comité d’interface entre les pouvoirs publics et les industriels du médicament, viennent d’être rendues publiques par APMnews. Et, sans surprise, les groupements de pharmacies sont toujours dans le viseur.
Lors des débats des deux derniers PLFSS, le député du Rhône Cyrille Isaac-Sibille (Modem) avait présenté plusieurs amendements visant à lutter contre la financiarisation dans le secteur officinal en s’attaquant en particulier aux groupements. Si ses propositions n’ont pas abouti, il est loin d’être le seul à pointer du doigt ces acteurs dans l’environnement économique de la chaîne du médicament. Ainsi, le très attendu rapport de la mission des Inspections générales des affaires sociales et des finances (Igas-IGF) sur la structure économique de la distribution du médicament, rendu public en mai 2026, ne les épargne pas.
Transparence et encadrement
Dans son analyse des flux financiers, la mission s’étonne d’une rémunération « significative » malgré des conditions tarifaires obtenues pour les pharmaciens qui n’ont rien d’exceptionnelles, de contrats dont certaines clauses entaillent dangereusement l’indépendance des pharmaciens, et, surtout, d’une captation « sans contrepartie ni obligation » d’une partie de la valeur des médicaments remboursables. Résultat, ce sont les seuls opérateurs de l’écosystème à afficher une forte rentabilité avec un ratio EBE-CA en hausse de 60 % entre 2020 et 2023, quand le réseau officinal chute de 30 %, tout comme les grossistes-répartiteurs.
Une analyse qui n’a pas échappé au gouvernement, qui compte apporter de la transparence dans ces flux financiers en obligeant les groupements à déclarer au Comité économique des produits de santé (CEPS) les prestations commerciales consenties. Il réfléchit également à doter les groupements d’un statut spécifique – la FSPF avait ainsi proposé, en mai dernier, de leur donner la fonction de courtier en médicaments remboursables – et à encadrer plus strictement leur rémunération.
Bon usage des antibiotiques
Deuxième piste évoquée par l’administration dans le futur PLFSS : créer un statut spécifique pour les antibiotiques pour mieux lutter contre l’antibiorésistance. L’idée reposerait sur « un système de rémunération nette fixe assurée pour les industriels en contrepartie d’une baisse des volumes liée à des mesures de bon usage, d’efforts pour permettre la dispensation à l’unité et limiter les tensions et ruptures d’approvisionnement », peut-on lire dans la dépêche APMnews. Pourrait s’y ajouter « un dispositif de prescription renforcée », à l’instar de ce que l’Assurance maladie a instauré pour la prescription et la délivrance des analogues du GLP-1 dans l’obésité.
Quant aux baisses de prix qui seront décidées dans le prochain PLFSS, l’industrie du médicament prédit un montant compris entre 1,2 et 1,4 milliard d’euros. Dans une interview publiée par Le Parisien le 30 août dernier, Sébastien Lecornu, Premier ministre, avait indiqué qu’il ne pouvait engager, pour le budget 2027, « de grandes réformes sur l’Assurance maladie, les retraites ou encore l’organisation territoriale » en l’absence de majorité au Parlement. À la place, il vise « cinquante petites décisions efficaces et intelligentes ». Puis, le 18 septembre dans Le Figaro, il a annoncé des économies de 2 milliards d’euros sur les arrêts maladie tout en assumant les décisions prises au cours de l’été de relever les plafonds annuels des franchises et les tickets modérateurs de divers actes et médicaments.
