L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a indiqué, dans un communiqué daté du 23 octobre, que « des retards de fabrication affectent la disponibilité en quétiapine à libération prolongée (LP) 50 mg depuis la mi-octobre ». Cette pénurie découle de difficultés de production persistantes sur le site grec du laboratoire Pharmathen. Les approvisionnements par les autres fabricants « ne seront pas suffisants pour couvrir totalement les besoins » des patients concernés et « aucune date de retour à une disponibilité normale n’est annoncée » pour le moment.
C’est la raison pour laquelle les pharmaciens sont autorisés, depuis le 15 octobre, à dispenser, en remplacement, des préparations magistrales à base de quétiapine dosée à 50 mg LI, 100 mg LI ou 150 mg LI (libération immédiate), sans qu’une nouvelle ordonnance soit nécessaire.
En pratique
À chaque délivrance d’une préparation magistrale de quétiapine, il doit également :
Facturation
Les prix de vente des préparations, fixés par un arrêté du 21 octobre paru au Journal officiel le lendemain, sont inférieurs à ceux de la précédente campagne de substitution. En réalité, ce sont les frais de réalisation – qui les composent en partie – qui ont été amputés (c’est-à-dire les tarifs maximums pouvant être appliqués par les pharmaciens spécialisés dans les préparations magistrales). En revanche, les frais de dispensation, donc la part revenant aux officinaux, sont soit identiques, soit supérieurs à ce qu’ils étaient précédemment.
Ils sont ainsi fixés à 2,89 euros pour la boîte de 30 gélules à 50 mg (tarif identique inchangé), mais ils atteignent 4,14, voire 6,44 euros pour les autres présentations, au lieu de se situer dans une fourchette allant de 2,89 à 4,14 euros précédemment. Une évolution bienvenue puisque la FSPF avait, en 2025, contesté par la voix de son président d’alors, Philippe Besset « des tarifs dérisoires, définis par le ministère de la Santé, sans prendre en considération nos demandes légitimes et argumentées ».
Accompagner la délivrance
Pour accompagner au mieux le patient dans cette situation, il est recommandé de lui expliquer la raison de cette substitution et de préciser que la première dose de quétiapine LI doit être ingérée 24 heures après sa dernière prise de quétiapine LP.
Si la dose de quétiapine LI doit être prise en deux fois (matin et soir), on lui signalera également :
– le risque de somnolence, notamment après la prise du matin ;
– la nécessité de ne pas conduire de véhicule ni d’utiliser d’outils ou de machines avant de connaître les effets de ces gélules sur lui ;
– le risque d’hypotension et de vertiges ;
– l’importance de respecter un intervalle de 8 à 12 heures entre les deux prises.
Une vigilance accrue est recommandée durant la période de transition : conseiller au patient de contacter rapidement son médecin pour ajuster le traitement s’il lui semble « qu’il agit différemment, en cas de nouveaux symptômes ou s’il ressent une aggravation de ses symptômes », une telle modification du traitement étant susceptible d’« entraîner une décompensation psychique ».
À noter
Les médecins sont appelés par l’ANSM à ne pas initier de nouveau traitement par quétiapine 50 mg, sauf en cas d’épisode dépressif caractérisé dans le cadre d’une dépression bipolaire. Concernant les besoins en quétiapine LP 300 mg et 400 mg, leur couverture demeure assurée, selon l’Agence du médicament.


